Patrick Proisy, le maire sortant du parti La France Insoumise (LFI), et Jean-Marc Levillain, représentant d'une liste citoyenne, ont décidé de porter plainte suite à l'apparition de marques de peinture jaune devant leurs maisons et celles de leurs colistiers. Cet incident survient à un moment délicat de la campagne électorale à Faches-Thumesnil, une commune de plus de 18 000 habitants située dans la métropole lilloise.
La campagne, déjà parsemée d'obstacles, a pris une tournure encore plus préoccupante pour les deux candidats. Lors du premier tour des élections municipales, Proisy a obtenu 39,9% des voix, tandis que Brice Lauret, candidat divers droite, l’a devancé avec 41,9%. Proisy a exprimé son inquiétude sur les réseaux sociaux, soulignant que de telles marques sont source d'angoisse pour lui et sa famille : "C'est beaucoup d'inquiétude, on a nos compagnons, nos compagnes, nos enfants à l'intérieur de nos maisons".
Jean-Marc Levillain a également évoqué son appréhension face à cette situation, qualifiant ces marques de "pas rassurantes" et faisant un parallèle avec des événements historiques sombres : "Ça rappelle les marques durant la Seconde Guerre mondiale, ça fait réfléchir, c'est lamentable". Il a déposé une plainte pour "menace contre personne".
Bien que Levillain ne sache pas d'où proviennent ces tags, Proisy suggère que cela pourrait être l’œuvre de sympathisants de Brice Lauret. Ce dernier, qui dénonce également un climat de violence dans la campagne, a relaté une expérience traumatisante d'un membre de son équipe : "J'ai une membre de mon équipe qui était en pleurs... on nous traite de fascistes". Lauret a l'intention de déposer une plainte pour "injures", "calomnie" et "diffamation".
Une campagne déjà perturbée
Ce n’est pas la première fois que la campagne à Faches-Thumesnil est source de troubles. En effet, début mars, à une semaine du premier tour, une quinzaine de personnes masquées et munies de pancartes avaient fait irruption lors d’un meeting de campagne de Patrick Proisy. La situation a conduit à l'interpellation de quatre individus, qui ont été liés à un groupuscule d'extrême droite connu sous le nom de "Nouvelle Droite".
Les tensions croissantes soulèvent des interrogations sur l'état de la démocratie locale et mettent en lumière les défis rencontrés par les candidats en cette période électorale particulièrement volatile.







