Déjà figure incontournable en tant que maire de Nice et président du conseil départemental, Eric Ciotti (UDR-RN) a été élu jeudi à la présidence de la métropole Nice Côte d'Azur, succédant ainsi à Christian Estrosi, qu'il a battu lors des dernières élections municipales.
Unique candidat lors de cette élection, il a remporté 108 voix sur 115, marquant ainsi un pas significatif pour l'extrême droite qui aspire à renforcer sa présence sur le terrain politique local.
Créée en 2012 à partir de la fusion de quatre communautés urbaines, la métropole englobant Nice comprend 51 communes et abrite environ un demi-million d'habitants, s'étendant des plages de la Promenade des Anglais jusqu'aux stations de ski des Alpes.
Contrairement à d'autres territoires où l'entrée des élus RN a provoqué des tensions, l'élection de Ciotti était attendue avec certitude. Sur 133 conseillers, il peut compter sur 49 élus de sa liste à Nice et sur le soutien de plusieurs alliés dans des petites communes.
Cette proximité résulte d'une rivalité de longue date avec l'ancien président Christian Estrosi, mais aussi d'une collaboration antérieure durant son mandat au conseil départemental, où il a été actif de 2008 à 2017.
L'équipe de Ciotti promet une gestion plus respectueuse des oppositions, un changement de ton notable par rapport à l'administration précédente. Plusieurs élus du camp estrosiste ont même déjà manifesté leur volonté de collaborer avec la nouvelle majorité au conseil départemental.
Pierre-Paul Leonelli, ancien porte-parole estrosiste, a déclaré sur X être "prêt à travailler de manière constructive", espérant que la métropole ne devienne pas "un champ de bataille politicien" mais un espace de collaboration. Cela a soulevé des doutes chez ses anciens adversaires, qui se sont longtemps plaints de l'absence de temps de parole lors des assemblées.
"La métropole d'Estrosi était trop centrée sur Nice," constate Bryan Masson, allié de Ciotti, évoquant une gouvernance peu inclusive. Le nouveau dirigeant envisage de modifier les règlements internes pour garantir une meilleure représentation de l'opposition.
Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère PS-PCF-écologistes, se déclare "très curieuse" de l'évolution des discussions sous Ciotti, rappelant de manière optimiste qu'il a souvent accordé la parole à ses opposants au conseil municipal.
Cependant, des inquiétudes persistent concernant la gestion des débats à Cagnes-sur-Mer, où des élus de gauche craignent pour la prise en compte des voix alternatives.
Ciotti a de plus annoncé la mise de côté d’un projet de tramway entre Nice et Cagnes-sur-Mer, qu'il préfère remplacer par un développement de lignes de bus plus rapide et économique.
La nouvelle majorité promet également une gestion des finances publiques plus rigoureuse. Bertrand Casiglia, maire de Tourette-Levens, assure dans une interview que l’ancienne administration, notamment en ce qui concerne le centre des congrès controversé installé à la hâte pour le sommet de l’ONU, a mal géré les ressources.







