Après deux ans et demi de mise en œuvre, les députés commencent l’examen d’une révision de la loi de programmation militaire 2024-2030, intégrant une rallonge de 36 milliards d’euros. Initialement, la loi prévoyait un budget de 413 milliards d’euros jusqu'en 2030, mais les récents événements en Ukraine et au Moyen-Orient ont accéléré cette réévaluation.
Une trajectoire budgétaire réévaluée
Le projet, actuellement débattu au sein de la commission de la Défense, vise à atteindre un budget militaire annualisé de 76,3 milliards d’euros d’ici 2030, représentant 2,5 % du PIB. Cependant, plusieurs parlementaires soulignent que le budget peut être modifié chaque année en fonction des votes parlementaires, et qu’une élection présidentielle en 2027 pourrait redistribuer les cartes. Jean-Louis Thiériot (LR), ancien ministre, a déclaré : « Ce budget, bien qu'il soit un pas en avant, demeure insuffisant face à un contexte de plus en plus précaire en Europe. La France se doit de se préparer à des crises multiples et durables. »
Priorités opérationnelles et mesures de sécurité
Le projet de loi met en jeu des investissements inédits, incluant 8,5 milliards d’euros supplémentaires pour les munitions, portant le total à 26 milliards sur toute la période. Par ailleurs, des mesures innovantes sont introduites, comme la possibilité pour des opérateurs privés de neutraliser des drones survolant des installations sensibles, ainsi qu’un nouveau dispositif d’alerte de sécurité nationale, qui pourrait permettre de déroger à certaines régulations en cas de menaces sérieuses.
En outre, la Loi prévoit l'utilisation d'algorithmes par les services de renseignement pour surveiller les connexions en ligne, une initiative soumise à un cadre législatif strict pour des raisons de sécurité nationale et de lutte contre la criminalité organisée. Cependant, cette disposition rappelle des tentatives passées censurées par le Conseil constitutionnel. Certains experts, tels que le sociologue Michel Foucher, estiment que « ces décisions montrent un changement significatif dans la manière dont la France perçoit et gère sa défense face aux nouveaux défis contemporains. »







