Le président américain a annoncé dimanche que Washington débuterait une opération dès lundi dans le but de débloquer des navires empêchés de naviguer depuis deux mois dans le Golfe, une décision qui a déjà suscité des avertissements de la part de Téhéran. La nature précise de cette initiative soulève des interrogations, comme le relèvent plusieurs médias américains, et pourrait potentiellement mettre fin à la trêve.
“C’est un nouveau défi lancé à l’Iran”, note le New York Times.
Donald Trump a utilisé sa plateforme Truth Social pour annoncer ce plan. Il a précisé que l’opération ne concernerait que les navires appartenant à des nations non engagées dans le conflit en cours en Iran. “Pour le bien de l'Iran, du Moyen-Orient et des États-Unis, nous avons informé ces pays que nous assurerions une navigation sécurisée pour leurs vaisseaux sur ces voies maritimes”, a-t-il déclaré, ajoutant que des nations du monde entier avaient sollicité l’aide des États-Unis pour libérer leurs navires.
En détail, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que l'initiative mobiliserait des destroyers lance-missiles, plus d’une centaine d’aéronefs et environ 15 000 soldats dans cette mission, comme rapporté par l'agence de presse Reuters.
Cependant, l'Iran a réagi fermement, avertissant que toute intervention des États-Unis dans le détroit d'Ormuz serait considérée comme une “violation du cessez-le-feu”.
Selon Axios, cette opération, nommée 'Project Freedom', pourrait constituer l'initiative la plus significative prise par l'administration Trump pour tenter de rouvrir ce couloir maritime stratégique, fermé par l'Iran depuis le début des hostilités.
Le Washington Post souligne que l'administration n'a pas fourni de précisions sur le fonctionnement de l’opération. Trump n'a pas indiqué quelles actions précises seraient menées pour faciliter le passage des navires, ni combien de vaisseaux seraient concernés. Les analystes se demandent si Washington se contentera d’informer les capitaines des itinéraires sûrs ou entreprendra des actions plus actives.
Techniquement, cette initiative pourrait fonctionner comme une cellule de coordination pour fluidifier le trafic, impliquant divers pays, compagnies d'assurance et organisations maritimes, selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal. Toutefois, ils insistent sur le fait qu’il n‘y aurait pas, pour l’instant, d’escorts militaires par la marine américaine dans cette zone.
Des diplomates européens et des armateurs interrogés ont exprimé des doutes, affirmant qu'“sans escorte militaire, une simple cellule de coordination ne modifiera pas significativement la situation dans le détroit”.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont récemment déployé des mines maritimes dans cette région, augmentant les risques pour le commerce maritime. Les États-Unis devraient donc se concentrer sur la localisation de ces mines et seront chargés de fournir des informations pour aider les navires à éviter ces zones dangereuses tout en identifiant les parcours les plus sûrs. Les experts estiment que le succès de cette opération dépendra en grande partie des informations fournies par d'autres pays.







