Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a rencontré lundi à Alger le président Abdelmadjid Tebboune pour discuter des moyens de rétablir les relations entre les deux nations. Cette rencontre marque un tournant positif après une période de tensions presque deux ans.
Darmanin a été reçu par le chef d’État algérien pour une discussion de près de deux heures et demie, comme l'a rapporté la chancellerie française. "Nous avons évoqué le travail essentiel pour restaurer la confiance entre deux pays qui se respectent, la France et l'Algérie", a déclaré le ministre après l'entretien, remerciant également le président pour ce "long échange fructueux".
Arrivé dimanche, M. Darmanin a également rencontré son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, marquant ainsi la reprise de la coopération judiciaire après une interruption de deux ans, comme l'a précisé le ministère français.
Un sujet délicat abordé fut celui de Christophe Gleizes, un journaliste sportif incarcéré pour "apologie du terrorisme". Sa famille a annoncé qu'il avait retiré un pourvoi en cassation en mars, ce qui pourrait ouvrir une voie à une grâce présidentielle.
En outre, Darmanin a discuté des questions de coopération contre la criminalité organisée et des affaires relatives à la "DZ mafia", un cartel criminel d'origine marseillaise. Il a souligné que les autorités algériennes avaient formulé une centaine de demandes pour récupérer des biens issus de la corruption, principalement liés à l'ancien régime de Bouteflika.
Le ministre a invité les autorités judiciaires algériennes à se rendre à Paris en juin pour approfondir ces dossiers de saisie et de confiscation associés aux anciens dirigeants algériens.
Les récentes interactions entre les deux pays montrent un apaisement, surtout depuis les tensions de l'été 2024 lorsque Paris a soutenu un plan d'autonomie pour le Sahara occidental, ce qui a provoqué le rappel de l'ambassadeur algérien. Ce climat de tension a été exacerbé par les condamnations de plusieurs personnalités franco-algériennes, dont Boualem Sansal, ainsi que l'incarcération d'un agent consulaire algérien en France.
Selon le média TSA Algérie, "l'enjeu aujourd'hui est de rétablir la confiance". Cette nouvelle dynamique a été renforcée par des visites de hauts responsables français en Algérie ces derniers mois, ce qui a suscité des signes d'optimisme quant à une amélioration des relations bilatérales.
le ministre algérien de l'Intérieur, Saïd Sayoud, doit également se rendre à Paris prochainement, un voyage jugé "très positif" par M. Nuñez dans un entretien publié par La Tribune Dimanche.
Pour cette visite, l'accent était mis sur la relance d'une collaboration judiciaire longtemps ralentie. Les résultats d'une telle collaboration sont d'ores et déjà visibles, avec une augmentation substantielle des expulsions d'individus dangereux vers l'Algérie, qui ont augmenté de zéro à plusieurs centaines ces derniers mois.
Darmanin a également mentionné que la lutte contre les mafias – qui alimentent le trafic de drogue et affectent la jeunesse des deux pays – était un sujet central de leurs discussions, avec un engagement bilatéral à échanger des informations et à faciliter les extraditions.







