Quatre ans après l'élection de Gustavo Petro, premier président de gauche de la Colombie, l'héritage économique suscite des débats fervents à l'approche du premier tour des élections présidentielles, prévu le 31 mai. Si les résultats des politiques sociales sont mis en avant, l'opposition souligne les conséquences d'une telle stratégie sur les finances publiques.
En effet, la montée de la violence reste un sujet brûlant dans le débat public, mais selon La Silla Vacía, “l’économie est devenue un véritable cheval de bataille électorale”.
Les dernières données montrent que la pauvreté multidimensionnelle a chuté à 9,9 % en 2025, avec “793 000 Colombiens sortis de la pauvreté en un an” selon RTVC Noticias. Ces avancées sont toutefois teintées de préoccupations, de nombreux analystes s'interrogeant sur la viabilité de cette dynamique.
“Ce n’est pas un mince exploit”, déclare la journaliste Maria Teresa Ronderos du quotidien El Espectador, qui précise que l’impact des politiques sociales se fait ressentir dans la vie quotidienne des Colombiens.
Des résultats satisfaisants, mais à quel prix ?
Une autre satisfaction pour le gouvernement est la diminution du chômage à 9,2 % en février 2026, après une augmentation historique du salaire minimum de 23 %. Cependant, cette bonne nouvelle cache une réalité moins réjouissante : la majorité des nouvelles créations d'emploi se font dans le secteur informel, comme indiqué par La Silla Vacía.
Mais ces succès sont également accompagnés d'un lourd héritage financier. Les analyses montrent que le déficit public s'est élevé àprès près de 6,5 % du PIB en 2025. L'économiste Salomón Kalmanovitz, dans El Espectador, souligne que “les pays sérieux ne dépassent généralement pas les 3 %”.
Alors que la dette publique dépasse les 61,3 % du PIB, il devient évident que “les comptes que quelqu'un devra payer” sont de plus en plus difficiles à ignorer. El Colombiano critique la faiblesse de la croissance, qui s’établit à 1,8 % du PIB par an durant le mandat de Petro, affirmant que les investissements des entreprises semblent en retrait.
Un avenir incertain
Face à ces résultats nuancés, la question demeure : succès ou échec ? Le média Razón Pública note qu'après une période difficile, la croissance a atteint environ 2,5 % du PIB à la fin du mandat, offrant une lueur d'espoir. Mais le chemin à parcourir pour assurer la stabilité économique reste incertain.
La prochaine élection sera déterminante pour voir si les Colombiens continuent de soutenir ces politiques audacieuses ou optent pour des alternatives plus traditionnelles. La popularité de Petro reste étonnamment élevée, mais les choix des électeurs pourraient varier, des options néolibérales aux promesses populistes de changements radicaux.







