Le 16 juin, le projet de loi constitutionnelle destiné à inscrire un statut d’autonomie pour la Corse sera examiné par l’Assemblée nationale, marquant une étape décisive dans ce long processus de négociations entre l’État et les représentants corses.
Cette initiative découle des discussions initiées depuis 2022 et pourrait permettre à la Collectivité de Corse d'adapter certaines règles aux spécificités locales, apportant ainsi un changement significatif au sein du paysage institutionnel français, traditionnellement opposé à l'autonomie régionale. Véronique Bertile, constitutionaliste, a expliqué lors du dernier scontru du journal Arritti, qu'il s'agit d'une aspiration démocratique juste : "Le souhait des Corses de gérer leurs affaires en autonomie est tout à fait légitime, comparable à d'autres îles de la Méditerranée et la Nouvelle-Calédonie."
Bertile rappelle que, malgré une forte centralisation, la France a amorcé une intégration de mécanismes de différenciation territoriale. Elle ajoute : "Les choses avancent lentement, mais elles avancent. Le président Macron a évoqué un projet de pacte girondin, et le droit à la différenciation existe, même pour la Corse."
La voie vers l’autonomie semble semée d'embûches. Le projet sera examiné sous une pression immense, et un rejet des députés pourrait être fatal. Romain Colonna, président de la Commission des compétences législatives et réglementaires de l'Assemblée de Corse, assure que la persuasion est cruciale : "Nous ne cesserons jamais d'œuvrer jusqu'à la décision finale."
Véronique Bertile note que la rigidité républicaine face à la différenciation est problématique. Pour elle : "L’unité ne devrait pas exclure la prise en compte des particularismes régionaux, en respectant le principe d'égalité."
Le moment crucial approchant, ce projet de loi pourrait être le point culminant de cinq décennies de revendications nationalistes. L'issue dépendra de la capacité des partisans à convaincre le Parlement, afin d'éviter qu’un nouvel échec engendre des tensions pour la reconnaissance du peuple corse, comme l'a prédit Gilles Simeoni, ancien président du Conseil exécutif.







