Le candidat de la droite française à la présidentielle, Bruno Retailleau, a lancé une attaque frontale lundi à Madrid, accusant le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez d'engager une politique de "clientélisme" par le biais d'un plan de régularisation visant plusieurs centaines de milliers de sans-papiers, en réponse au vieillissement démographique et pour soutenir l'économie espagnole.
"Il savait pertinemment que cela pouvait exacerber les tensions avec le parti d'extrême droite Vox contre le Parti populaire (PP)", a déclaré le président des Républicains (LR) lors d'une conférence de presse. Retailleau n’a pas mâché ses mots en parlant de cette politique, la qualifiant de "politique de Gribouille", affirmant que la régularisation de ces individus est une initiative maladroite.
Le candidat à l'Élysée, âgé de 65 ans, a reaffirmé son souhait d'adopter une position plus stricte en matière de gestion migratoire. Il propose que des visas territoriaux deviennent la norme au sein de l'Union européenne après une réévaluation des critères d'entrée dans l'espace Schengen.
Contraste frappant : alors que de nombreux pays européens adoptent des politiques migratoires plus sévères, l'Espagne a lancé en avril un plan ambitieux de régularisation qui devra se clore le 30 juin. Une source gouvernementale a rapporté à l'AFP que, jusqu'à présent, 900.000 demandes de régularisation ont été reçues, dont 360.000 jugées "recevables".
Des doublons dans ces demandes sont néanmoins à prévoir, a précisé cette même source. Retailleau a réaffirmé son désir de "mettre au ban" le gouvernement espagnol pour sa façon de gérer l'immigration : "une phrase choc que j'assume entièrement", a-t-il souligné.
En outre, interrogé sur les collaborations entre le PP et Vox dans certaines régions, Retailleau a commenté que "la droite espagnole a clairement assumé ses convictions", ce qui selon lui contribue à "contenir" l'influence de Vox.
À moins d’un an des élections présidentielles, Bruno Retailleau, qui oscille autour de 9% d’intentions de vote, cherche à se positionner comme un véritable opposant au bilan des deux mandats d’Emmanuel Macron. Son principal rival, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, tente d’unir centre et droite pour gagner en force électorale.







