Située à l’est du Tarn, la petite commune du Masnau-Massuguiès, forte de ses 250 habitants, a la particularité d’être dirigée par le plus jeune maire du département, Nicolas Alibert. Ce dernier a été élu en 2020 à l’âge de 33 ans, et il souligne : "Ma carrière a vraiment commencé plus tôt, lorsque j’ai été élu pour la première fois en 2014, à 27 ans."
Issu d’une lignée enracinée dans ce territoire des Monts de Lacaune, Nicolas Alibert exprime un profond attachement à sa commune. "Mon grand-père, Denis Carayon, a été élu pendant six mandats. J’ai toujours admiré son investissement dans les associations, ce qui m’a donné envie de suivre ses traces," confie-t-il. Cette passion pour le service public semble se transmettre de génération en génération.
Agriculteur de profession, Nicolas a fait ses premiers pas en politique en 2014. "Au départ, j’étais curieux et j’ai rejoint une liste ouverte, sans imaginer que je me retrouverais à la tête de cette dernière. J’ai alors préféré rester adjoint afin d’apprendre et de comprendre les rouages de la gestion locale," précise-t-il. Après six années d’apprentissage, il a pris les rênes de la commune dans un contexte inédite, marqué par la crise sanitaire.
La politique, un lien social au cœur des générations
Dans son village, Nicolas estime que la politique n’a jamais été une source de conflits familiaux. "Nos listes sont ouvertes et notre tissu associatif, notamment à travers le foyer rural, permet de fédérer les énergies. Même avec seulement 250 habitants, nous avons des équipes de sport actives. Cela montre que nous formons une communauté soudée," explique-t-il.
Sous son mandat, marqué par des événements inoubliables comme l’inauguration de la maison des associations, Nicolas a également célébré un nombre impressionnant de mariages, "25 au total, contre trois pour mon prédécesseur!" Un beau souvenir qui rappelle l’importance des liens humains, surtout en temps de crise.
Mais la fonction de maire n’est pas exempte d’épreuves. Des tragédies, comme un accident mortel survenu dans la commune, l’ont particulièrement touché. "Cela fait mal, surtout quand on est jeune père. Il faut savoir garder une certaine distance tout en étant présent pour les familles en deuil," partage-t-il, ajoutant que ces expériences le poussent à renforcer ses compétences.
Le maire de proximité, un quotidien d'écoute et d'action
Nicolas Alibert se positionne comme un maire de proximité : "Je suis souvent confronté à des soucis de la vie quotidienne, comme des problèmes de compteurs électriques. Mon rôle est de répondre à ces préoccupations, je suis la première porte pour les habitants." Il envisage de briguer un nouveau mandat en mars prochain, bien que certaines questions le préoccupent, notamment le mode de scrutin. "Je suis pour la féminisation des conseils, mais pour des petits villages comme le nôtre, cela peut s'avérer difficile," analyse-t-il.
À 38 ans, Nicolas ne se voit ni comme un symbole ni comme une exception. Il poursuit simplement sa mission, s'efforçant de donner aux habitants du Masnau-Massuguiès une voix et un avenir. Dans un monde où la jeunesse en politique est souvent perçue comme un atout de changement, il démontre qu’un engagement sincère peut faire la différence, comme le souligne le journal Le Monde dans ses récents articles sur la nouvelle génération politique française.







