La semaine prochaine s'annonce mouvementée à l'Assemblée nationale, avec deux motions de censure concernant le Mercosur. Déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), ces motions visent directement le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui a qualifié ces initiatives de "postures cyniques partisanes".
Vendredi matin, LFI a précisé sa position en dénonçant ce qu'elle considère comme un "piétinement" de la souveraineté populaire et du droit international, notamment en raison de l'accord de libre-échange avec le Mercosur et la situation au Venezuela. Mathilde Panot, cheffe des députés de LFI, a clairement exprimé le désarroi face à une France perçue comme "humiliée" sur la scène internationale, d'après des sources du Monde.
Malgré le refus d'Emmanuel Macron d'approuver cet accord, LFI accuse le président d'avoir ouvert la porte à une "capitulation" face à la Commission européenne. Ils jugent les tentatives d'obtenir des contreparties comme des "artifices" vains.
Le RN, de son côté, a également saisi cette opportunité pour déposer une motion de censure. Son président, Jordan Bardella, a dénoncé le "non" du président Macron comme étant une "manœuvre de communication", décrivant les actions gouvernementales comme une "trahison des agriculteurs".
Malgré le tumulte entourant ces motions, il est peu probable qu'elles obtiennent un succès retentissant. Bruno Retailleau, à la tête des Républicains, a évoqué un éventuel soutien à la censure uniquement si Emmanuel Macron votait en faveur de l'accord. Parallèlement, le Parti socialiste pourrait envisager de se joindre à une censure sur le budget, selon les indications d'Olivier Faure, son Premier secrétaire.
Dans un contexte inédit, Sébastien Lecornu a critiqué ces démarches sur les réseaux sociaux, affirmant que la France a une position claire sur le Mercosur : "nous voterons contre, sans surprise". Pour lui, ces motions ne servent qu'à retarder les discussions budgétaires, déjà compliquées par l'agenda électoral des partis opposants, comme l'indique une analyse de France Info.
Lecornu appelle plutôt à une mobilisation collective au sein de chaque groupe politique au Parlement européen pour établir une majorité contre cet accord. En l'absence de succès pour bloquer le traité au niveau des États membres, l'exécutif espère désormais convaincre une majorité d'eurodéputés de voter contre la ratification ou de saisir la Cour européenne de justice, ce qui pourrait ralentir le processus d'intégration de quelques mois.







