Ce mardi 13 janvier, Marine Le Pen se retrouve de nouveau devant la justice pour l’ouverture de son procès en appel concernant l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National. Une affaire qui sera scrutée de près, non seulement pour les conséquences judiciaires mais aussi pour l’impact politique, particulièrement à l’aube de la présidentielle de 2027.
Condamnée en première instance à quatre ans de prison dont deux ferme, ainsi qu'à cinq ans d’inéligibilité, Marine Le Pen doit maintenant naviguer dans un contexte judiciaire complexe. À ses côtés, dix autres représentants du RN, parmi lesquels Louis Aliot, maire de Perpignan, occuperont également le banc des accusés. Ce procès, prévu jusqu’au 12 février, pourrait déterminer le sort politique de Le Pen à moins de quinze mois de la prochaine élection présidentielle.
Récemment, bien que le RN continue de jouir d’un soutien populaire, Le Pen a évoqué la possibilité de transférer son leadership à Jordan Bardella le cas échéant, une manière de signaler aux juges qu'une exclusion de la course présidentielle ne résoudrait pas les problèmes du RN, comme l’a souligné son beau-frère Philippe Olivier. Toutefois, son entourage insiste sur le fait que la présidente du RN reste déterminée à se battre pour ses chances.
Trois scénarios possibles
Face aux juges, plusieurs stratégies de défense pourraient voir le jour. En première instance, la volonté des magistrats de rappeler la gravité des accusations était manifeste, notamment à cause de l’absence de reconnaissance des faits par Le Pen. Selon des sources proches de l'accusée, une inflexion pourrait voir la lumière : Le Pen pourrait admettre le non-intentionnel de ses actes, tout en mettant en avant les ambiguïtés des règles du Parlement européen relatives aux assistants.
Trois issues sont envisageables. La première, qui serait la plus bénéfique pour elle, serait une relaxe totale. La deuxième option pourrait maintenir la peine de prison tout en annulant l’inéligibilité, permettant ainsi à Le Pen de poursuivre sa campagne. Toutefois, il se pose la question de la faisabilité d’une campagne présidentielle avec une condamnation pénale. Enfin, le scénario le plus redouté serait la confirmation de l’inéligibilité, ce qui pourrait contraindre Le Pen à se trouver en dehors du jeu politique. Le premier président de la Cour de cassation a déjà indiqué que si elle choisissait de faire appel, celui-ci serait jugé rapidement, potentiellement moins de six mois avant l'élection présidentielle de 2027.
Face à ces enjeux, des experts politiques s'interrogent sur la capacité du RN à se projeter vers l'avenir sans sa figure emblématique. Certains estiment que malgré la jeunesse et l'inexpérience de Jordan Bardella, le parti pourrait effectuer un tournant stratégique. Comme le souligne un article du Journal du Dimanche, « la dynamique politique actuelle est en constante évolution, et le RN doit naviguer prudemment dans ces eaux troubles ».







