La journée de protestation des agriculteurs a pris une tournure drastique avec la mise en garde à vue de cinquante membres de la Confédération paysanne. Ces militants ont pénétré dans un bâtiment du ministère de l'Agriculture pour exprimer leur ras-le-bol face au « mépris » que le gouvernement semble témoigner pour leurs préoccupations, malgré les annonces récentes de nouvelles mesures par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Des barrages routiers et des rassemblements ont eu lieu, bien que la mobilisation ait connu une baisse par rapport aux jours précédents, alors que certains syndicats continuent leurs diverses actions. Jeudi, des manifestations sporadiques étaient également prévues.
Trois porte-parole en détention
Aux alentours de 16 heures, des agriculteurs se rassemblant au sein de la direction générale de la performance économique déployaient une banderole proclamant : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir. » Un groupe d'une centaine d'agriculteurs a ainsi réussi à occuper brièvement une annexe du ministère de l'Agriculture, frustrés par ce qu'ils qualifient d'accaparement des subventions publiques par une minorité d'exploitants et d'agro-industriels.
Selon la Préfecture de police de Paris, « un groupe se revendiquant de la Confédération paysanne a pénétré sans autorisation l’enceinte extérieure d’une annexe », un acte jugé constitutif de « trouble à l’ordre public ». Les forces de l'ordre ont donc interpellé ces individus. La Confédération paysanne a fait état de 52 gardes à vue, incluant trois de ses porte-parole, suscitant une réaction promptement qualifiée de « mépris constant » envers les agriculteurs.
Le ministère de l'Agriculture a reconnu la légitimité des revendications des agriculteurs. Toutefois, il a noté, lors d'une conférence téléphonique, que les mesures adoptées depuis décembre étaient « de nature à répondre à différentes demandes », tout en soulignant une baisse des mobilisations.
Pour ajouter du poids à leur lutte, les agriculteurs mettent en avant des témoignages d'experts et de leaders d'opinion, mentionnant la nécessité d'un équilibre entre les intérêts des agriculteurs et ceux des grandes entreprises. La voix de la terre s'élève de plus en plus fort, et il est évident que l'avenir de l'agriculture française est en jeu.







