En pleine tourmente autour des ambitions territoriales sur le Groenland, des rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux suggèrent que la France envisage de renoncer à sa souveraineté sur l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon au profit du Canada. Ces allégations proviennent majoritairement de comptes souverainistes sur des plateformes comme X et Facebook. Vrai ou faux ?
Les faits établissent que ces rumeurs sont infondées. La France ne prévoit pas de renoncer à cet archipel de 242 kilomètres carrés, peuplé d'environ 6 000 habitants. En réalité, le gouvernement français souhaite transférer le contrôle d'une partie de l'espace aérien de Saint-Pierre-et-Miquelon au Canada, non de céder l'archipel lui-même.
Les complications viennent du fait que l'espace aérien de Saint-Pierre-et-Miquelon est enclavé dans l'espace aérien canadien. En effet, l'aviation civile canadienne gère déjà les activités aériennes au-dessus de 1 800 mètres. Le projet en cours prévoit de confier encore davantage d'espace à l'aviation canadienne, limitant le contrôle français à l'espace aérien en dessous de 600 mètres, ce qui concerne principalement les décollages et atterrissages à l'aéroport de Saint-Pierre Pointe-Blanche.
Rationaliser et réduire les coûts
Le gouvernement avance que cette démarche est essentiellement d'ordre économique. Lors d'une séance au Sénat le 21 janvier, Annick Girardin, sénatrice RDSE de Saint-Pierre-et-Miquelon, a demandé des clarifications, soulignant les préoccupations concernant la possible délégation de la souveraineté française. En réponse, Eléonore Caroit, ministre de la Francophonie et des Français de l'étranger, a assuré que "la France ne renoncera jamais à sa souveraineté territoriale". Elle a ajouté que ce choix vise à "rationaliser, simplifier et réduire les coûts associés à la gestion de l'espace aérien".
Comme l'explique un rapport d'Le Monde, la décision de recentrer les responsabilités aériennes cherche non seulement à diminuer les coûts opérationnels, mais également à faciliter la coordination entre les autorités canadiennes et françaises. En concentrant les responsabilités sur une zone plus restreinte, le gouvernement espère optimiser les ressources et s'assurer que les services aériens fonctionnent sans accroc.
?️ Espace aérien de Saint-Pierre-et-Miquelon@AnnickGirardin (@rdse_senat) questionne @CaroitEleonore : “La France s’apprête à renoncer à sa souveraineté ? pic.twitter.com/s2TMajEB2h
— Sénat (@Senat) 21 janvier 2026







