Depuis décembre dernier, Rachel et Philippe Soursou, éleveurs en Haute-Garonne, font face à une crise cauchemardesque. Leur exploitation, abritant 600 veaux destinés à l'Italie pour l'engraissement, est immobilisée en raison de la zone réglementée instaurée pour freiner la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Bien qu'aucun cas n’ait été détecté parmi leurs animaux, ils ne peuvent ni vendre ni déplacer leurs bovins. Ce blocage les condamne à vivre sans revenus depuis le 10 décembre, mettant leur exploitation et leur famille en péril.
Situés à Gaillac-Toulza, près de Toulouse, Rachel et Philippe décrivent un quotidien de plus en plus désespérant. Selon Rachel, qui gère la comptabilité, "pour le fonctionnement de l'exploitation, nous avons besoin de 50.000 € par mois. Au 20 janvier, 125.000 € devaient être comptabilisés, mais les 250 veaux qui auraient dû être vendus restent coincés dans l'étable".
La mauvaise nouvelle est tombée lors d'une réunion récente avec plusieurs représentants de l'État. Philippe s’en désole : "On nous a informés que les restrictions ne seraient pas levées avant le 5 avril, soit cinq mois sans possibilité de revenus. Cela signifie un besoin de 250.000 € pour combler le manque à gagner. Mais comment obtenir un prêt sans savoir quand nous pourrions rembourser ?"
Ce couple de parents de quatre enfants ressent toute l’urgence de la situation. Chaque jour qui passe sans solution les plonge un peu plus dans une spirale de dettes. Rachel souligne : "Tout le monde comprend notre situation, mais il n’y a pas de soutien concret. La promesse de l'État de verser 4.500 € est dérisoire par rapport aux 24.000 € que nous dépensons uniquement en nourriture chaque mois."
Les 250 veaux sur leur exploitation continuent de grandir, et leur entretien constitue un poids énorme sur leur budget précaire. Philippe, éleveur depuis 2009, explique : "Nous ne pouvons pas nous diriger vers un redressement judiciaire car l'incertitude sur le retour des revenus nous paralyse. Nous ne dormons plus, jonglant entre l'inquiétude pour nos enfants et le sort de notre exploitation."
Rachel, quant à elle, priorise la survie de sa famille : "En tant que mère, je vais nourrir mes enfants avant de nourrir les animaux. C'est une décision difficile, mais c'est la réalité." Dernièrement, leur projet de créer des gîtes a été abandonné faute de moyens.
Maintenant, le couple réclame un engagement ferme de l'État, non pas pour éponger leurs dettes, mais pour obtenir le soutien financier essentiel leur permettant de redresser leur situation. "Nous avons besoin d'une aide immédiate, pas dans six mois. C'est désormais une question de survie", conclut Rachel, visiblement exaspérée par le manque d'actions concrètes des autorités.
En 2026, ils jugent injuste que l'État les contraigne à continuer de travailler sans revenus ni aide. Face à cette situation alarmante, ils envisagent sérieusement la liquidation de leur exploitation familiale.







