La question d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans arrive sur le devant de la scène politique. Les députés se réuniront lundi pour examiner cette proposition, soutenue avec vigueur par le gouvernement et Emmanuel Macron, dans un objectif de protection de la santé mentale des adolescents.
À partir de 16H00, l'Assemblée nationale se penchera sur le texte élaboré par le groupe Renaissance. On s'attend à ce qu'il soit adopté, pour ensuite être transmis au Sénat.
Des plateformes comme TikTok, Snapchat ou Instagram, omniprésentes dans la vie des jeunes, portent des risques importants pour leur bien-être psychologique, selon une récente alerte de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Les dangers incluent le cyberharcèlement, la comparaison sociale incessante et une exposition à des contenus inappropriés.
Emmanuel Macron a exprimé son engagement face à ces enjeux : "Les émotions de nos enfants ne doivent pas être des produits de consommation pour les plateformes", a-t-il affirmé dans une vidéo publiée récemment, soulignant l'importance de cette réforme pour son second mandat.
Bien que le groupe Renaissance ait introduit ce texte, une proposition législative gouvernementale avait également été évoquée, provoquant une certaine confusion. Néanmoins, l'exécutif a finalement décidé d'appuyer le projet de loi de la députée Laure Miller, appuyant son initiative par une procédure accélérée, ce qui permettrait une adoption éclair.
La mise en œuvre des nouvelles règles pourrait démarrer dès la rentrée de 2026. L'article clé du projet stipule que "l'accès aux services de réseaux sociaux est interdit aux mineurs de quinze ans", tout en exemptant les ressources éducatives.
Les téléphones portables, dont l'usage est déjà prohibé dans certaines écoles, pourraient également être intégralement interdits dans les lycées. Cependant, cette initiative a suscité des critiques. Arnaud Saint-Martin, député LFI, a dénoncé un "paternalisme numérique", et Steevy Gustave des écologistes a qualifié la réponse de "simpliste", bien que son groupe ne soit pas unanime.
Le Rassemblement national et d'autres partis comme Horizons et Les Républicains soutiennent toutefois l'interdiction. Les socialistes, quant à eux, attendent des précisions sur les exceptions avant de se prononcer.
Après des critiques du Conseil d'Etat sur la version initiale du texte, Laure Miller a déjà révisé la proposition en tenant compte des retours. Ainsi, la nouvelle version préconise une approche nuancée : certains réseaux sociaux seront strictement interdits, tandis que d'autres nécessiteront l'accord parental.
Cette solution a toutefois été jugée complexe par l'Élysée, qui redoute une application difficile. La principale difficulté tient à la conformité avec la législation européenne. Les autorités britanniques et australiennes, qui ont récemment restreint l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, pourraient servir de références pour la France.







