A Hambourg, ce lundi, des dirigeants européens se réunissent pour discuter des relations énergétiques et sécuritaires dans la mer du Nord. Au programme, la menace russe et les ambitions américaines concernant le Groenland, un sujet délicat bien que non inscrit officiellement à l'ordre du jour de ce sommet international.
Organisé pour la troisième fois dans le contexte de la guerre en Ukraine, ce forum vise à réduire la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis de la Russie. Toutefois, la situation au Groenland et les enjeux arctiques devraient prendre une place importante lors des discussions, particulièrement avec la présence notoire des dirigeants du Danemark et de Norvège.
Steffen Meyer, porte-parole du chancelier allemand Friedrich Merz, a souligné que la sécurité dans le Grand Nord serait une préoccupation centrale, en raison de la présence des principaux acteurs de la région. Les développements liés aux énergies en mer et à la sécurité maritime seront également à l'ordre du jour.
Sécurité du Nord
Parmi les participants, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, récemment en visite au Groenland, sera présente, tout comme des représentants de l'Islande, de la Commission européenne et de l'Otan. Les gouvernements néerlandais, irlandais, belge, luxembourgeois, ainsi que le ministre français de l'économie et son homologue britannique, ont confirmé leur présence.
À Davos, le président américain a mis fin à ses menaces d'une prise de contrôle du Groenland, mais des craintes persistent concernant les intentions de Donald Trump, qui déclarent vouloir protéger l'île des influences russes et chinoises. Le chancelier Merz a ainsi précisé que l’Europe devait accorder une attention accrue à toute la zone nordique.
Merz a également plaidé pour que la mer du Nord devienne "le plus grand réservoir mondial d'énergie propre", essentiel pour une Europe économiquement forte et indépendante. Avec cette vision, les leaders cherchent à développer l'énergie éolienne offshore, un projet ambitieux pour aider à la décarbonation du continent.
Les enjeux sont nombreux, notamment un manque d'investissements, une coordination insuffisante entre les nations, des matières premières coûteuses, la résistance de Trump face aux éoliennes et la concurrence chinoise. Lors du sommet précédent en 2023, l'objectif était d'installer jusqu'à 300 gigawatts de capacité d'énergie éolienne en mer du Nord d'ici 2050, mais les prévisions actuelles quant à l'objectif de 120 GW pour 2030 sont préoccupantes, selon un rapport de Baringa.
Attaques hybrides
La mer du Nord, tout comme la mer Baltique, fait face à des risques d'attaques hybrides, souvent attribuées à la Russie. Des informations indiquent que des cargos russes "espions" s'approchent des infrastructures stratégiques comme les parcs éoliens et les câbles de communication, potentiellement pour les endommager ou obtenir des informations pour Moscou.
En Allemagne, le nombre de survols de drones par des acteurs inconnus au-dessus de ces infrastructures suscite des inquiétudes croissantes. "Il est crucial que la question de la sécurité de notre infrastructure énergétique soit au cœur des discussions à Hambourg", a insisté Steffen Meyer.
Récemment, une étude du groupe de réflexion E3G a indiqué que les éoliennes pourraient intégrer des systèmes de surveillance, renforçant ainsi la sécurité maritime. Cependant, Simon Skillings, co-auteur d'un rapport sur le sujet, a noté qu'il existe peu de coordination entre les secteurs militaire et énergétique dans cette région, rendant la situation d'autant plus délicate.
Avec la guerre en Ukraine, il est devenu évident qu'une infrastructure énergétique diverse, comme les éoliennes, est plus difficile à neutraliser. Toutefois, la dépendance des producteurs d'énergie éolienne aux terres rares chinoises et aux composants dotés d'intelligence artificielle pose également des questions de souveraineté.







