Depuis l'investiture de Delcy Rodriguez, le 5 janvier dernier, le climat au Venezuela semble évoluer. Sous forte pression américaine, elle a non seulement promis d'augmenter le nombre de libérations de prisonniers politiques, mais a également signé des accords pétroliers avec les États-Unis et annoncé une réforme législative portant sur les hydrocarbures.
Ce week-end, l'ONG Foro Penal a rapporté la libération d'au moins 104 prisonniers politiques en une journée, un mouvement qui semble répondre aux attentes de Washington. Alfredo Romero, le directeur de l'organisation, a confirmé cette statistique sur X, notant que le processus pourrait encore s'accélérer avec d'autres vérifications en cours.
Gonzalo Himiob, un avocat de l'ONG, a précisé que ce nombre pourrait se révéler encore plus élevé. Le gouvernement de Rodriguez, qui a pris ses fonctions après la capture de Nicolás Maduro lors d'une opération militaire américaine, a promis d'autres libérations, qualifiées de "nombre important".
Depuis décembre, le gouvernement affirme avoir libéré 626 détenus politiques, une statistique que les ONG jugent exagérée. Foro Penal, par exemple, évalue que seulement la moitié de ces libérations sont avérées. Les familles des détenus attendent avec impatience, passant des nuits devant les prisons en espérant retrouver leurs proches.
Une promesse aux États-Unis de la présidente par intérim
« Nous formons tous une famille maintenant », déclare Aurora Silva, l'épouse d'un opposant, devant la prison Rodeo 1. Nombreux sont ceux, comme Lorealbert Gutierrez, qui attendent la libération de leurs proches, prisonniers pour des accusations controversées.
Delcy Rodriguez, en plus de gérer les libérations, a demandé des discussions constructives avec l'opposition pour parvenir à un consensus et créer un environnement pacifique. Bien que cela semble prometteur, le contexte demeure complexe avec Nicolás Maduro, ancien président, en procès pour des accusations de narcotrafic.
Les élections de 2024 s'annoncent tendues. L'opposition accuse le gouvernement de fraude électorale, soutenant que son candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, a réellement remporté le scrutin. Le Conseil national électoral, soupçonné d'être manipulé par le pouvoir, n'a jamais publié de résultats précis, invoquant des cyberattaques.
Récemment, les autorités ont également libéré Rafael Tudares, le gendre de Gonzalez, emprisonné pour des accusations de terrorisme. Cependant, de nombreux opposants demeurent derrière les barreaux, comme Javier Tarazona, accusé de « terrorisme » et « trahison », ainsi que Freddy Superlano, détenu après des manifestations en juillet 2024.
Avec ces libérations, il est possible que nous assistions à un tournant décisif dans la saga complexe de la politique vénézuélienne. Les espoirs se renouvellent, même si beaucoup de chemin reste à parcourir pour rétablir un véritable dialogue.







