L'or, en tant que valeur de refuge, continue de briller face aux turbulences géopolitiques engendrées par la présidence de Donald Trump. Son ascension les derniers mois peut également être attribuée à la dévaluation des monnaies et à l'alourdissement des dettes publiques, qui augmentent l'attrait pour des actifs concrets et stables.
Ce week-end, l'or a atteint un jalon symbolique en dépassant les 5 000 dollars l'once pour la première fois de son histoire, conforme aux prévisions de nombreux analystes, notamment ceux du Parisien. Ce contexte s'accompagne d'un affaiblissement du dollar, et l'once, qui valait un peu plus de 2 000 dollars en janvier 2024, a vu son prix grimper à 5 029,39 dollars, soit une augmentation de 0,93 %.
Les tensions internationales, notamment concernant le Groenland où Trump a exprimé des ambitions d'acquisition, ont également alimenté cette flambée. Malgré un apaisement attendu après la réunion du Forum économique mondial à Davos, la tendance haussière de l'or ne semble pas se freiner. D'autres conflits, notamment ceux en Ukraine, à Gaza et en Iran, continuent de capter l'attention des investisseurs.
Le climat d'incertitude généré par des décisions imprévisibles de l'administration américaine pousse de nombreux investisseurs à délaisser le dollar traditionnel et les obligations d'État, considérées comme des alternatives. Dan Coatsworth, analyste pour AJ Bell, souligne que les investisseurs restent attachés à l’or, ne sachant pas quel nouveau projet controversé pourrait émerger du bureau ovale.
De plus, les pressions exercées par Trump sur la Réserve fédérale (Fed) augurent de possibles modifications des taux d'intérêt, alimentant l'inquiétude au sein des marchés. Stephen Innes, analyste chez SPI Asset Management, évoque une crainte d'une "Fed sous influence", ce qui renforce les hésitations des investisseurs.
L’argent également poussé à la hausse
Les répercussions des déclarations de Jerome Powell, président de la Fed, engendrent des tensions avec le ministère de la Justice, qui mène une enquête potentiellement pénalisante contre lui pour des allégations de tentative d'intimidation. Powell, quant à lui, a vigoureusement dénoncé ces attaques, mettant en lumière la mission indépendante de la Fed.
Néanmoins, un autre facteur se démarque dans la hausse des prix de l'or : la recherche d'actifs tangibles, renforcée par l'augmentation de l'endettement des gouvernements et la dépréciation des devises, selon Neil Wilson de Saxo Markets. Les investisseurs, désireux de protéger leur patrimoine, se tournent vers l'or, qui reste une valeur sûre pour la préservation à long terme.
Cette flambée des cours n'a pas uniquement affecté l'or ; l'argent a également vu son prix exploser, atteignant plus de 100 dollars l'once pour la première fois, soutenu par une demande croissante dans les secteurs industriels comme le solaire et l'électronique. David Morrison de Trade Nation remarque que cette montée est alimentée par une "peur de rater une opportunité" parmi les investisseurs, ainsi que des rumeurs persistantes de pénurie d'approvisionnement.







