La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) devrait une nouvelle fois annoncer, lors de sa réunion de la semaine prochaine, une politique monétaire inchangée. Cette décision risque encore de contrarier le président Donald Trump, qui depuis des mois appelle à des baisses significatives des taux d'intérêt pour soutenir l'économie. L'institution, connue pour son indépendance, semble déterminée à résister aux exigences du locataire de la Maison Blanche, comme l'indique un article de L’Express.
Les récentes déclarations de Jerome Powell, le président de la Fed, reflètent une volonté de garder la ligne face aux pressions politiques. Trump avait tenté d’intimider la Fed à plusieurs reprises, en s’attaquant personnellement à Powell et à d'autres hauts responsables, selon des informations du Monde. Powell a récemment exprimé son inquiétude face à ces tentatives d'influence, soulignant l'importance de la séparation entre la politique monétaire et les interventions politiques.
"Il est essentiel que la Fed agisse sans pression politique pour assurer la stabilité économique à long terme," souligne Loretta Mester, ancienne présidente de la Fed régionale de Cleveland. Dans le contexte actuel, avec une inflation largement supérieure à l'objectif de 2%, les signaux émis par la Fed montrent une priorité donnée à la stabilité économique plutôt qu'aux désirs immédiats de Trump.
La montée des tensions à l'approche des élections de mi-mandat
Alors que les élections de mi-mandat se rapprochent, la pression sur la Fed pourrait encore s'accentuer, d'après Mark Zandi, économiste en chef chez Moody's Analytics. Ce dernier affirme que "les responsables politiques, en particulier ceux de la Maison Blanche, ont toujours favorisé des taux d'intérêt bas pour stimuler l'économie avant les élections."
Selon Zandi, "l'indépendance de la Fed pourrait s'éroder avec le temps, surtout avec la nomination prévue de nouveaux membres sous l'administration actuelle."
Avec des taux directeurs désormais compris entre 3,50% et 3,75%, le statu quo semble la voie privilégiée par la Fed. Pourtant, la lutte de pouvoir entre Trump et Powell rappelle l'importance cruciale de protéger la neutralité de la politique monétaire face aux intérêts politiques.







