« Le bac en basque, c'est maintenant ! » Telle est la revendication qui a résonné dans les rues de Bayonne, lors d'une manifestation orchestrée par Seaska. Cette fédération des ikastola (établissements scolaires d'enseignement immersif en langue basque) a souhaité adresser un message clair au ministre de l'Éducation nationale, demandant une ouverture pour que certaines épreuves du baccalauréat puissent être composées en basque dès cette année.
Erik Etxart, coprésident de Seaska, a dénoncé le stéréotype qui assimile l'euskara à une langue de seconde zone. Actuellement, les élèves ne peuvent pas composer une seule épreuve, tant à l'écrit qu'à l'oral, en basque. Dans le cadre de la réforme des lycées de 2019, seule la continuité du contrôle en euskara a été conservée. Les défenseurs de la langue souhaitent désormais que les épreuves de philosophie, de spécialités et le grand oral puissent également se dérouler en basque.

On recule
Les manifestants ont évoqué que l'introduction d'une épreuve de mathématiques en 2026 pourrait constituer un tournant vers un baccalauréat en basque. « Le ministre et le recteur affirment vouloir avancer vers des examens en euskara. Étant donné que l'épreuve de mathématiques de 2026 est déjà prévue, cela doit se faire dès maintenant ! » a clamé Etxart. Malheureusement, il est perçu qu'on recule sur cette promesse.
Pas d'obstacle pratique
On rappelle aux autorités que « la loi ne s'oppose pas à la composition en langue régionale au bac » et qu'il existe une liste d'enseignants qualifiés pour corriger les épreuves en basque. « Il ne s'agit pas d'une question matérielle mais bien d'une volonté politique », souligne Etxart. Ainsi, il est essentiel que l'euskara soit traité avec la dignité qu'il mérite, sans qu'il soit relégué au rang de langue secondaire.
« Il est possible de l'introduire dès cette année. Ce n'est donc pas une question de faisabilité, mais de choix politique », affirme Etxart.
Pour les manifestants, l euskara ne doit pas être considéré comme une langue subalterne.







