"Nous sommes tous dans le rouge, saturés par les demandes". Bertrand Kaiser, directeur d'un centre de formation à Toulouse, exprime la réalité du marché : en 2026, ses stages sont déjà complets. Cela témoigne d'une forte nécessité de recruter dans un secteur aéronautique en pleine expansion.
Lors d'un "Aéroday" organisé au Stadium de Toulouse, capitale de l'aéronautique, il renseigne les candidats sur les opportunités offertes par l'industrie. Des milliers de postes sont à pourvoir, avec 1 200 selon Jonathan Periquet de Randstad, spécialiste en ressources humaines et également organisateur de l’événement.
Les conséquences de la pandémie sont palpables : de nombreux professionnels expérimentés ont quitté le secteur, ce qui contribue à une "grosse pénurie" de main-d'œuvre. "Airbus, par exemple, est contraint de mettre en place de nombreux programmes de formation pour intégrer des débutants", précise Periquet.
Le centre de formation de Daher, comme d'autres présents lors de l'événement, propose des formations rémunérées qui permettent de transformer en six mois des demandeurs d'emploi ou des personnes en reconversion en professionnels qualifiés de l'aéronautique.
Ophélie Canal et Amandine Salles, toutes deux déterminées à obtenir un CQPM d'inspectrices qualité, témoignent de cette dynamique. Originaire de milieux différents, elles sont motivées par les offres d'emploi disponibles, notamment grâce aux informations transmises par leurs proches travaillant chez Airbus.
Richard Lalanne, gérant du centre Sud-Aéro Formation, observe une grande diversité parmi les candidats, affirmant que certains viennent simplement pour explorer les opportunités sans véritable motivation.
Les métiers les plus recherchés dans la région concernent les lignes d'assemblage finale d'Airbus et incluent ajusteurs, mécaniciens système et contrôleurs aéronautiques. Malgré le besoin pressant de ces experts, M. Periquet met en avant l'importance du "savoir-être", souvent indispensable pour répondre aux exigences élevées de l'industrie.
Stéphane Le Roux, responsable des ressources humaines chez Safran, souligne quant à lui que l'état d'esprit des candidats est crucial. Dans un contexte où le niveau d'expertise technique s'amenuise, il est fondamental de prioriser la motivation et la mentalité des futurs employés.
Cependant, le secteur fait face à un défi de taille : les nouvelles attentes des candidats. Freddy Bobichon, responsable RH chez Latécoère, souligne que beaucoup privilégient un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, rendant difficile le recrutement d’ajusteurs-monteurs et de peintres, essentiels à la production d'avions.







