Les aspirations expansionnistes de Donald Trump alimentent des craintes à l'échelle mondiale, même pour des territoires éloignés comme Saint-Pierre-et-Miquelon. Cet archipel français autonome, situé au large du Canada, pourrait-il devenir un enjeu pour les États-Unis?
Cette question inquiète la sénatrice Annick Girardin, qui a soulevé des inquiétudes quant à un projet de transfert au Canada du contrôle de l'espace aérien français sur l'archipel. Elle évoque un "abandon manifeste" de la souveraineté nationale. En revanche, Jeff Hawkins, ancien diplomate et chercheur à l'IRIS, estime qu'il n'y a aucune raison d'inquiétude tant qu'il n'y a pas d'hydrocarbures ou de ressources stratégiques. "Votre meilleure protection, c'est l'ignorance", ajoute-t-il, soulignant que la majorité des Américains ne connaissent même pas Saint-Pierre-et-Miquelon.
Dans le contexte actuel, les ambitions de Trump vis-à-vis du Groenland interrogent, suggérant une quête de domination territoriale similaire à celle du XIXe siècle. Hawkins évoque également un "revirement" dans la position de Trump, mentionnant d'éventuelles pressions au sein de son parti et l'impact potentiel des prochains scrutins.
Malgré leur vulnérabilité apparente, les 6 000 habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon bénéficient d'une position géographique stratégique, située près de Terre-Neuve et dans les eaux riches de l'Atlantique Nord. Annick Girardin a récemment exprimé ses préoccupations à Emmanuel Macron, demandant comment la France pourrait défendre son influence internationale si elle ne parvient pas à protéger ses propres territoires.
Les risques pour Saint-Pierre-et-Miquelon paraissent peu probables, mais la situation reste à surveiller. Hawkins met en avant que le Groenland pourrait servir de modèle pour de potentielles conquêtes futures. "Une insistance marquée pour obtenir le contrôle de territoires reflète un désir d'accroître l'influence américaine", conclut-il.







