Le climat politique à Pessac est particulièrement tendu ces jours-ci. Le maire sortant, Franck Raynal, a déclaré accueillir "avec plaisir" le soutien du Rassemblement National (RN) en vue du second tour des élections municipales. Cette annonce a provoqué une onde de choc parmi ses concurrents.
Raynal, qui arrive en tête avec 41 % des voix, est suivi par le socialiste Sébastien Saint-Pasteur, qui a recueilli près de 30 %, et la centriste Bérangère Couillard à 11 %. La liste du RN, bien qu'éliminée avec 8,81 % des suffrages, a officiellement recommandé de voter pour Raynal, un soutien qu’il n’a pas sollicité, comme le précise France Bleu.
Lors d'une interview diffusée par Sud-Ouest, Franck Raynal a déclaré : "Quelqu'un vous apporte un cadeau, vous ne lui renvoyez pas à la figure". Il défend son appel à toutes les voix, expliquant qu’il considère tous les soutiens comme valables, indépendamment de leur origine.
Ses adversaires ne partagent pas cet avis. Saint-Pasteur, le député et candidat socialiste, a réagi avec consternation, qualifiant la situation d'"incompréhensible" et dénonçant une "faute politique". "Il y a des gens à droite qui souhaitent garder leurs distances avec le RN, et d'autres, comme Raynal, qui semblent plus complaisants", a-t-il ajouté.
Une ligne rouge franchie ?
La centriste Bérangère Couillard a également critiqué ce soutien, affirmant qu'il est inacceptable de se réjouir d’avoir le soutien d’un parti d’extrême droite : "Respecter les électeurs du RN est normal, mais il ne faut pas tendre la main à un parti qui véhicule des valeurs que nous combattons tous les jours".
Alors que la campagne entre les deux tours se poursuit, l'acceptation de ce soutien par Franck Raynal risque d'être un élément clé des débats dans les jours à venir. Les spéculations autour des implications de cette alliance inattendue alimentent déjà la conversation politique.







