À l'aube du second tour des élections municipales, la tension est palpable. À Ajaccio, la scène politique s'est animée ce jeudi avec deux meetings simultanés au Palais des Congrès. Dans l'auditorium, plus de 600 personnes ont assisté au rassemblement de la liste nationaliste "Aiacciu Vivu", sous la direction de Jean-Paul Carrolaggi, qui n'a pas hésité à multiplier les attaques ciblées contre la municipalité sortante.
Le premier meeting, celui du maire sortant Stéphane Sbraggia, se tenait dans le grand hall, tandis que juste à quelques mètres, la liste d'union nationaliste s'attribuait l'attention du public. Dès le début de la soirée, les critiques fusent contre le bilan de la majorité sortante. Luc Bernardini, membre de la liste, a ouvert le bal en qualifiant le modèle économique actuel de "destructeur", faisant allusion à ce qu'il qualifie de transformation de la ville en "parc d'attractions pour touristes".
Un discours musclé
Romain Colonna, une autre figure de la liste, a également dénoncé le projet de métropolisation d'Ajaccio, s'irritant de l'absence de consultation des citoyens. "Est-ce qu'il y a eu une délibération prise au nom des Ajacciens pour soutenir la métropolisation? Bien sûr que non !", a-t-il accusé, ciblant directement Stéphane Sbraggia.
Julia Tiberi, deuxième sur la liste, a embrasé la foule en dénonçant "les tenants de l'immobilisme et des arrangements entre amis". Sa proclamation de vouloir "faire tomber la dernière citadelle" a été chaleureusement applaudie par l'assistance.
Un appel à l'électorat
En conclusion, Jean-Paul Carrolaggi a lancé un ultimatum, avertissant que ses adversaires n'hésiteraient pas à adopter des manœuvres déloyales : "Nous ne nous laisserons pas voler cette élection !" Il a ainsi exhorté les électeurs, y compris ceux des autres partis, à se mobiliser pour faire entendre leurs voix, y compris ceux de Charlotte Cesari de l'union de la gauche et de François Filoni du Rassemblement National.
Le meeting a été rehaussé par la présence de dignitaires du mouvement nationaliste, dont Jean Biancucci et plusieurs conseillers exécutifs, témoignant d'une forte implication au sein du paysage politique local.
Avec une activation de plus de 27 % des suffrages au premier tour, la liste "Aiacciu Vivu" espère transformer l'essai et créer un mouvement de vote sanction à l'encontre de la majorité de droite en place.







