Le 25 mars, les députés ont rejeté la réforme constitutionnelle concernant le statut de la Nouvelle-Calédonie lors d'une commission des lois. Ce rejet survient alors que le texte devait être examiné en séance publique dans une semaine, une échéance qui s'annonce délicate pour le gouvernement.
Ce projet, adopté au Sénat, était censé mettre en œuvre l'accord de Bougival signé en été 2025 par le gouvernement et des forces politiques locales, enrichi par l'accord Elysée-Oudinot de janvier dernier. Il stipule l'organisation d'un référendum local avant le 26 juillet, permettant aux électeurs calédoniens d'approuver ou de rejeter l'accord, qui prévoit la création d'un « État de la Nouvelle-Calédonie » avec une nationalité propre.
Pour l'exécutif, seul un accord institutionnel pourrait apporter la stabilité tant espérée, près de deux ans après les violentes émeutes ayant fait 14 morts et engendré plus de 2 milliards d'euros de dégâts. Comme l'indique Le Monde, ces événements ont mis en lumière des tensions profondes au sein de la société calédonienne.
Cependant, même si une majorité d'acteurs locaux soutient la réforme, des critiques persistent, notamment du côté du FLNKS, le principal mouvement indépendantiste kanak. Le groupe écologiste a déclaré : « On ne bâtit pas un avenir commun sur un accord que rejette l'un de ses principaux signataires ».
Naïma Moutchou, ministre des outre-mer, a rebondi sur ces critiques en affirmant que « cinq forces politiques sur six se sont accordées » sur le processus, bien que l'opposition du FLNKS demeure un point de discorde. Les tensions grandissent autour des élections provinciales, prévues pour fin juin. Cependant, la réforme propose un nouveau report à la fin de 2026, que ni les partis de gauche ni le Rassemblement national ne semblent prêts à accepter.
Une possible équation insoluble
Un autre sujet sensible concerne le corps électoral : il est actuellement limité aux résidents installés avant 1998 et leurs descendants. La réforme viserait à élargir le droit de vote, une proposition qui provoque des craintes chez les indépendantistes qui redoutent une dilution de la voix kanak.
Comme l'a averti Nicolas Metzdorf, député macroniste : « Si les élections provinciales se tiennent en excluant encore des milliers de gens du droit de vote, ça ne pourra pas bien se passer ». De l'autre côté, Emmanuel Tjibaou, député indépendantiste, a plaidé pour la tenue rapide des élections sans modifications au corps électoral.
En dépit de la probabilité d'un nouveau rejet, certaines sources gouvernementales craignent que la situation dysfonctionnelle entre la gauche et le RN se transforme en une « équation insoluble », anticipant également une obstruction potentielle de la part de La France insoumise.







