"Je ne dors plus depuis quelques jours", confie Elise Vera, mère de Lorenzo, ce mardi 7 avril 2026, marqué par l'ouverture du procès qu'elle espère depuis cinq longues années. Six individus se présentent devant la cour criminelle de l’Hérault à Montpellier. Ils sont accusés d'avoir brutalement attaqué son fils, Lorenzo, âgé de 20 ans à l'époque, à Lattes.
Cette nuit d'août 2020, Lorenzo profitait d'une soirée estivale avec des amis. Sur une vidéo, on l'aperçoit rire et chanter, avant que tout ne bascule. Sur le parking de la piscine municipale, plusieurs jeunes l'entourent, le jettent au sol et le frappent sans pitié. La violence de l'agression est telle que ses cervicales se brisent, le laissant tétraplégique. Depuis cet incident, Lorenzo doit composer avec un fauteuil roulant et de lourdes séquelles au quotidien.
"L'espoir d'avancer"
Trois jeunes hommes, aujourd'hui dans la vingtaine, sont notamment accusés de violences en réunion ayant entraîné une infirmité permanente, étant suspectés des coups les plus graves. Pour la famille, au-delà d'une éventuelle peine, il s'agit de comprendre cette violence. "On aimerait vraiment que ce soit derrière nous pour pouvoir passer à autre chose", explique Elise. Avec une attente de cinq ans, elle espère aussi avoir enfin les réponses tant espérées.
Lors de l'ouverture du procès, le juge fera le récit des faits à partir d'un dossier de 45 pages. Se remémorer cette nuit tragique sera éprouvant, et Lorenzo devra raconter "la dernière nuit où il a été debout". Elise, prête à témoigner, admet pourtant : "Je n'ai rien préparé, je dirai juste ce qui me vient du cœur". Elle exprime néanmoins sa crainte face aux confrontations potentielles avec les avocats de la défense. Mais la famille reste déterminée, Elise ajoutant : "On va garder la force qu’on a depuis le début. On n’a pas le choix".
Bien que ce procès ne puisse changer la vie de Lorenzo, il pourrait représenter une étape cruciale. "On attend vraiment de pouvoir aller de l’avant", souligne sa mère, désireuse de tourner la page. Le procès est prévu pour durer sept jours, jusqu'au 14 avril.







