Bien que la majorité des nappes phréatiques en Sarthe aient bénéficié des pluies hivernales, certaines d'entre elles, notamment dans l'Est et le Sud du département, restent à des niveaux alarmants. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a décidé d'examiner de près les niveaux de prélèvements dans ces zones vulnérables.
Au début de ce printemps, les données hydrologiques présentées par le BRGM, qui surveille 21 forages dans le département, mettent en évidence des disparités significatives. 38 % des nappes sont classées à un niveau « haut », tandis que la situation est nettement plus préoccupante dans l'Est et le Sud. À Luart, Bouloire et Saint-Pierre-du-Lorouër, certaines nappes sont identifiées comme ayant des niveaux « bas », et celle du Lude est même à un stade « très bas ».
Cette situation résulte, en partie, des spécificités du fonctionnement des nappes, qui réagissent différemment aux précipitations. « À Bouloire, par exemple, la nappe présente une grande inertie », explique Pierre Chrétien, hydrogéologue et chef de projet au BRGM. « Ce qui se produit aujourd'hui est encore influencé par les événements des années précédentes. » En effet, l'année 2025 a enregistré un déficit de précipitations de 20 % par rapport aux moyennes saisonnières.
Quant à la nappe du Lude, celle-ci semble se détériorer de manière continue. « Les niveaux sont de plus en plus bas chaque année, ce qui est source d'inquiétude », précise Pierre Chrétien. Les données indiquent une diminution régulière du niveau de cette nappe depuis 2004.
L'inconnu des prélèvements industriels et agricoles
La question se pose : ce déséquilibre entre recharge et prélèvement est-il symptomatique d'une problématique plus profonde ? Actuellement, les données sur les prélèvements industriels et agricoles sont insuffisantes. « Nous avons une bonne connaissance des prélèvements pour l'eau potable », cite Pierre Chrétien. « En revanche, ceux pour l’industrie ou l’irrigation restent mal documentés, rendant leur évaluation annuelle difficile. Dans les secteurs où l’irrigation est intense, les prélèvements peuvent être si importants qu'ils appauvrissent les ressources en eaux souterraines », alerte-t-il.
Pour traiter ces problématiques environnementales, le BRGM prévoit de mettre en œuvre une étude approfondie durant les mois à venir, visant à quantifier les mouvements d’eau souterraine et à comprendre les tendances évolutives de ces nappes phréatiques critiques.







