Au Brésil, une série de vidéos circulant sur TikTok a provoqué l'indignation générale. Ces contenus montrent des hommes s'exerçant à frapper et poignarder des mannequins, véhiculant des messages inquiétants sur la violence à l'égard des femmes. Avec la montée de la viralité de ces vidéos, la société brésilienne est confrontée à une réalité déconcertante.
Le cas tragique d'Alana Anisio Rosa, une jeune femme de 20 ans, rappelle l'importance de cette problématique. Son agression en février dernier, après avoir rejeté les avances d'un homme, a suscité une profonde résonance dans le pays. L'agresseur, selon sa mère, était influencé par des vidéos de formation où il était écrit : « Je m’entraîne au cas où elle dirait non ».
« Les hommes sont de plus en plus inhumains »
Ces contenus, de plus en plus violents et largement accessibles, encouragent la violence comme réponse à un refus. La situation est alarmante, car le Brésil a enregistré un nombre record de féminicides l'an dernier : 1 586 cas. Le président Luiz Inacio Lula da Silva a dénoncé cette violence croissante, affirmant que "les hommes deviennent de plus en plus inhumains".
D’après une étude de l’Université fédérale de Rio de Janeiro, 123 chaînes YouTube véhiculant des discours misogynes ont gagné 23 millions d'abonnés, soit une augmentation de 18 % en deux ans. Une enquête de l'AFP a mis au jour un groupe Telegram où la misogynie s’exprime à travers mèmes et vidéos glorifiant la violence.
« Ne rien regretter »
Un événement a particulièrement marqué les esprits : un suspect dans un viol collectif a été aperçu portant un t-shirt inscrit "Regret Nothing", un slogan courant parmi certains influenceurs masculinistes. Dans un autre incident, un policier suspecté d'avoir tué son épouse avait échangé des messages où il se présentait comme un "mâle alpha" attendant d'elle un comportement "obéissant".
La misogynie, un crime similaire au racisme
Face à cette montée de la violence, plusieurs initiatives émergent. Des Brésiliens se sont mobilisés pour dénoncer ces comportements, prônant des réactions pacifiques au rejet. Des propositions législatives ont également été mises sur table, parmi lesquelles une visant à criminaliser les contenus incitant à la violence, présentée par le député de gauche Reimont Luiz Otoni Santa Barbara. Une autre loi adoptée au Sénat propose de considérer la misogynie comme un crime équivalent au racisme, entraînant des peines de prison.







