Alors qu'une réunion est prévue lundi prochain entre les syndicats et le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a dénoncé sur RTL le passage en force de la proposition de loi qui vise à permettre le travail le 1er mai. En réponse aux critiques de la gauche et des syndicats, Sébastien Lecornu a annoncé qu'il ne convoquerait pas de commission mixte paritaire pour le moment.
Sophie Binet a intensifié la pression sur le gouvernement, affirmant : « Si le gouvernement persiste et signe, ce sera très grave, tant sur le fond que sur la forme. » Elle a insisté sur l'importance de ne pas traiter une question aussi symbolique que celle du 1er mai avec légèreté.
Le 9 avril, la majorité présidentielle avait déjà pris de court les débats en votant une motion rejetant la proposition de loi sur le travail le 1er mai, envoyant le texte directement en commission mixte paritaire sans que les députés aient pu l'examiner. Alors qu'une réunion cruciale doit se tenir ce lundi à 18 heures, Lecornu a finalement décidé de ne pas convoquer cette commission pour le moment.
La loi est très claire
Cette proposition de loi controversée vise à autoriser le travail des salariés le jour de la fête des travailleurs dans certains commerces comme les boulangeries, les boucheries ou encore les établissements culturels comme les cinémas. Selon les déclarations de Matignon, la réunion de ce soir a pour but de définir de manière précise les commerces qui pourraient rester ouverts le 1er mai.
Cependant, Binet n’hésite pas à accuser le gouvernement de vouloir « nous voler le 1er mai », dénonçant une manœuvre basée sur des « mensonges éhontés ». Elle rappelle que « le 1er mai doit rester une journée exceptionnelle. La loi est claire, seul ce qui est vital peut fonctionner ce jour-là. »
La situation n'est pas seulement source de crispations chez les syndicats ; elle suscite également des réactions chez la gauche. Le 12 avril, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a menacé d'introduire une motion de censure si le Premier ministre s'obstinait à convoquer la commission. Cela a conduit Lecornu à tempérer, déclarant ce matin qu' « il n’y aura pas de passage en force ».







