La scène du Home Fest à Saint-Pierre-du-Mont, dans les Landes, ne verra pas le groupe Boisson Divine le 30 mai prochain. Un collectif antifasciste a mis en lumière des accusations liant les artistes gersois à des milieux d'extrême droite, entraînant l'annulation de leur concert.
À l'origine de ce tumulte, un dossier fourni aux organisateurs, compilant des éléments supposant des connexions avec la droite radicale, tant sur le plan des paroles des chansons que des collaborations artistiques. Face à ces accusations grandissantes, les organisateurs avaient d'abord choisi de ne pas déprogrammer le groupe, invoquant des considérations financières et affirmant le caractère apolitique du festival.
Cependant, la pression a continué d'augmenter, exacerbée par la demande de déprogrammation formulée par Frédéric Dutin, le président de l'agglomération de Mont-de-Marsan. Dans un communiqué du 18 avril, l'association Home Fest a finalement annoncé l'annulation en ces termes : "En accord avec le groupe Boisson Divine et après une réunion de l'association, nous n'avons d'autre choix que de déprogrammer le groupe pour assurer la tenue de l'événement sur la Base nautique et de loisirs du Marsan." Une nouvelle programmation sera annoncée prochainement.
Ce retrait a suscité des réactions contrastées au sein de la communauté. Certains saluent la décision prise par les organisateurs pour garantir un festival sans polémique, tandis que d'autres soulignent la liberté d'expression menacée par de telles méthodes. Pour Nicolas Dupont, expert en sociologie musicale, "la culture ne devrait jamais être instrumentalisée pour faire taire des voix, même controversées. Il est crucial de conserver un dialogue ouvert, même lorsqu'il est inconfortable". Les discussions autour du Home Fest mettent en lumière les défis contemporains des événements culturels dans un contexte sociopolitique tendu.
En attendant, la communauté locale attend avec impatience l'annonce de la nouvelle programmation, espérant qu'elle saura rassembler au lieu de diviser.







