L’enquête de France Travail sur les besoins en main-d’œuvre, rendue publique le 21 avril, dévoile une tendance inquiétante concernant les projets d'embauche en 2026. Cependant, certaines professions et domaines se distinguent par leur résilience.
L'édition 2026 de l'enquête de France Travail met en lumière une chute significative des projets d'embauche pour 2026, marquant la quatrième année consécutive de déclin. Pratiquement tous les secteurs sont impactés, même si certains se démarquent avec des perspectives d'embauche plus optimistes.
Quelle est la tendance générale ? D'après les employeurs interrogés entre octobre et décembre, 2,27 millions de projets d'embauche sont envisagés pour 2026, soit une baisse de 6,5 % par rapport à 2025. Cette chute, bien que préoccupante, est moins marquée que les diminutions des années précédentes (12,5 % en 2025 et 8,5 % en 2024). La proportion d'entreprises envisageant de recruter a également légèrement reculé, atteignant 23,3 %, contre 24,1 % l'année dernière.
Aucune région n'échappe à cette tendance baissière, mais la Bretagne et le Grand Est s'en sortent en affichant des baisses respectives de seulement 0,1 % et 1,1 %. À l'inverse, l'Île-de-France et la Guyane subissent des chutes dramatiques, à hauteur de 11,8 %. En termes absolus, l'Île-de-France est néanmoins en tête avec 388.000 projets d'embauche, suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (255.000) et Nouvelle-Aquitaine (248.000).
Les secteurs en recul et ceux qui s’en sortent le mieux : Pratiquement tous les secteurs connaissent une diminution des intentions d'embauche. Les plus touchés sont la construction (-16,4 %), les services aux entreprises (-10,1 %) et le commerce (-8,5 %). En revanche, le secteur de la santé et de l'action sociale se démarque avec une légère augmentation des recrutements (+0,8 %). De plus, d'autres secteurs, tels que l'industrie (-2,4 %), le service aux particuliers (-3,6 %) et l'agriculture (-4,4 %), performent mieux que la moyenne.
Dans l'industrie, la situation varie considérablement selon les secteurs. En effet, les recrutements sont en hausse de 24,8 % dans les industries extractives, l'énergie et la gestion des déchets. En revanche, les secteurs du textile et de l'habillement connaissent une baisse de 11 % et le matériel de transport, de 10 %.
319.000 projets d’embauche dans la santé et sociale
Dans le domaine quantitatif, le secteur de la santé et de l'action sociale prévoit le plus grand nombre d'embauches en 2026 avec 319.000 projets, suivi de l'hébergement et de la restauration (318.000, -5,5 %) et des services techniques et administratifs (299.000, -10,6 %). L'espoir de recruter se porte sur les aides à domicile (69.485 postes à pourvoir), les aides-soignants (62.075), et les infirmiers et sages-femmes (36.688).
Dans le classement des métiers, les aides de cuisine (97.135 projets) et les serveurs de cafés-restaurants (93.843) occupent les premières places. Les viticulteurs (83.320) et agriculteurs (81.987) suivent, bien que beaucoup de ces emplois soient saisonniers, contrairement aux postes de la santé.
Il est également noté que la part des contrats à durée indéterminée (CDI) a diminué, représentant seulement 41 % des intentions d'embauche, tandis que le pourcentage de CDD de six mois ou plus a crû de 5,1 points pour atteindre 41,8 %.
Difficultés de recrutement : un constat préoccupant : Près de la moitié des employeurs (48,3 %) expriment des difficultés à recruter, surtout dans la construction (47 %), la santé (45 %) et l'industrie (45 %). Cette tendance reste toutefois en déclin, une baisse de 6,3 points par rapport à l'année précédente. Les raisons principales avancées pour ces difficultés incluent des profils inadaptés (83,6 %) ou une pénurie de candidats (81,6 %). Des facteurs tels que les horaires de travail, le salaire ou la pénibilité viennent également alourdir la charge des employeurs.
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