Trois mois après avoir quitté leurs terres, les agriculteurs du nord de la Drôme se sont retrouvés le 20 avril au rond-point de Tain-l'Hermitage. Leur objectif n'était pas de l'occuper, mais de le réhabiliter en y plantant de la lavande. Une façon de garder leur visibilité tout en faisant entendre leurs revendications.
Au cours de l'année précédente, plusieurs éleveurs, dont trois en Ardèche et quatre dans la Drôme, ont rencontré des difficultés en raison de la contagion de la dermatose nodulaire. Cette situation a contraint certains éleveurs à laisser leurs bétails en alpage, comme en Savoie, ou dans des zones voisines de l’Isère, en raison des règlementations strictes imposées aux zones contagieuses. Le rapatriement de leurs troupeaux, juste avant l’hiver, a été un vrai parcours du combattant.
Jérôme Leroy, éleveur à Parnans, a récemment ramené sa quarantaine de vaches dans ses champs à Montferrat, près du lac de Paladru. Malgré une multitude de démarches administratives auprès des autorités, il a rencontré de nombreux obstacles : “Ça a été un peu compliqué. J'ai dû fournir le listing de mes bêtes à la DDPP 38 et demander une 'mise en pâture à distance'. Cependant, cette pratique n'est pas uniformément appliquée dans tous les départements. En plus, mon dossier a été refusé, donc j'ai créé une nouvelle exploitation avec un numéro d'élevage à Montferrat.”
Cet enchevêtrement administratif est d'autant plus aggravé par le besoin de revacciner les troupeaux. Jérôme a dû compter sur un autre cabinet vétérinaire situé dans une zone autorisée pour obtenir les vaccins nécessaires. “Mes vétérinaires à Roybon ne pouvaient pas commander les vaccins à cause des restrictions de zone”, ajoute-t-il.
Trouver des prairies "en zone blanche"
Son collègue, René Veyrat de Saint-Donat-sur-l'Herbasse, n’a pas pour l’instant prévu de remettre ses vaches en Isère. “Les éleveurs de la région sont réticents à accueillir des bêtes d'un autre département. Toutefois, j'ai trouvé une exploitation dans l'Allier, une zone blanche. Cela a nécessité beaucoup de recherches et d'appels aux chambres d'agriculture des différents départements pour en comprendre la réglementation.”
Il a donc transporté une trentaine de vaches dans l’Allier et envisage de faire de même en Savoie après la mi-juin. Une réunion est prévue prochainement à la Chambre d'agriculture de Chambéry pour clarifier l’ensemble des réglementations à suivre.
Bien qu'aucun nouveau foyer de dermatose nodulaire n'ait été signalé en France depuis le 2 janvier dernier, trois nouveaux cas ont été repérés en Sardaigne. Cette île italienne a en effet été le lieu de réapparition de la maladie en Europe l'année précédente, soulignant encore la fragilité de la situation sanitaire des élevages.







