Depuis le début de l'année, quatorze établissements rennais ont été fermés administrativement. Le préfet d'Ille-et-Vilaine maintient la pression sur les commerces situés à proximité des points de deal, utilisant les nouvelles prérogatives offertes par la loi contre le narcotrafic adoptée l'an dernier. Cette loi permet désormais aux préfets de fermer temporairement des commerces soupçonnés de blanchiment d'argent.
À 9h45 le jeudi 23 avril, un briefing s'organise au commissariat des Gayeullles à Rennes. Autour de la table, plusieurs agents de la police, y compris des membres de la brigade canine et de la police administrative, élaborent un plan d'action ciblant les établissements de la place Lucie Aubrac.
Les commerces de la place Lucie Aubrac dans le viseur
Le major Yann, responsable de l'opération, explique qu'une activité suspecte a été observée dans plusieurs commerces, notamment une boulangerie : "On y a remarqué une forte fréquentation en soirée". Selon un agent du commissariat, l'implication de jeunes dans le trafic semble évidente : "Le fils des propriétaires est souvent vu avec des dealers".
Le préfet d'Ille-et-Vilaine, Franck Robine, soutient cette initiative, affirmant que ces actions visent à faciliter la vie des habitants en réduisant les nuisances. "Ce ne sont pas des enquêtes judiciaires courantes, mais des réactions rapides pour freiner le trafic", précise-t-il.
Viande avariée chez le boucher
Après le briefing, l’équipe se dirige vers la place Lucie Aubrac pour une inspection surprise. Ils visitent un restaurant asiatique, où tout est en règle, mais la situation est très différente chez le boucher voisin. Lors de l'inspection, 95 kg de viande avariée sont découverts, mettant le commerce à risque de fermeture.
Depuis janvier, le numerus clausus des fermetures administratives s'élève à 14, dont 11 pour des problèmes de sécurité sanitaire et quatre pour des motifs de blanchiment, indiquent les autorités. Ces mesures soulignent l'efficacité croissante de la lutte anti-narcotrafiquante à Rennes.







