Le député Jérémie Patrier-Letus, président de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, a exhorté ses collègues à faire preuve de "la plus grande retenue" avant le vote prévu lundi sur le rapport final issu de leurs travaux.
Dans un communiqué, il a déclaré : "J'appelle chaque membre de la commission d'enquête au respect absolu des règles et à la plus grande retenue d'ici la réunion prévue lundi... qui doit pouvoir se dérouler dans un cadre serein et digne." Il a également fait allusion à un "devoir de réserve" pour les députés concernés avant cette importante décision.
Il a particulièrement ciblé le rapporteur de la commission, Charles Alloncle, regrettant ses "interventions médiatiques" et sa participation à une réunion publique à l'Assemblée nationale sur France Télévisions, qui a eu lieu le samedi précédent le vote.
Parmi les propositions évoquées par M. Alloncle figurent la suppression de la chaîne jeunesse France 4 et de la radio Mouv', ainsi que la fusion de France 2 et France 5. Ces idées ont suscité des réactions variées.
Le rapport aimant à développer des économies considérables d'un milliard d'euros, représentant un quart des subventions de l'État à l'audiovisuel public. Une autre mesure clé proposée est le retour à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après consultation du Parlement et avis conforme de l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel, selon des sources proches de la commission.
Lundi, les 30 députés de la commission d'enquête doivent voter sur le rapport après plus de quatre mois de travaux, souvent tumultueux. Un vote favorable est indispensable pour que le rapport soit publié une semaine plus tard.
Bien que les votes négatifs soient rares, les tensions persistantes et les réactions initiales des parlementaires aux conclusions écrites de Charles Alloncle, discutées en huis clos les jours précédents, rendent tout pronostic incertain.
Contacté par l'AFP, Charles Alloncle a déploré que "des fuites soient organisées par des députés, alors que cela est totalement interdit." Se refusant à confirmer ou infirmer les mesures divulguées, il a néanmoins souligné que "la réflexion sur l'optimisation des chaînes de France Télévisions est légitime, et qu'il s'agit de préconisations et non d'injonctions." Des experts du secteur, comme ceux de Franceinfo, soulignent l'importance d'un cadre législatif adapté pour l'avenir de l'audiovisuel public en France.







