Le méthane, contribuer à environ 30 % de l’élévation de la température mondiale depuis la révolution industrielle, a été le sujet d’un reportage marquant dans le rapport « Global Methane Tracker » publié ce lundi par l’Agence Internationale de l'Énergie (AIE).
Les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre, plafonne à des niveaux « très élevés » dans le secteur des énergies fossiles, selon l’AIE. L’agence insiste sur le fait que la récupération de ces émissions pourrait atténuer la crise énergétique actuelle.
Pour l’année 2025, l’AIE prévoit que la production dans le secteur des énergies fossiles (pétrole, charbon, et gaz) représentera 35 % des émissions de méthane d’origine humaine, soit environ 124 millions de tonnes. Ce chiffre traduit une légère augmentation par rapport à 2024, ce qui est préoccupant, car ces niveaux demeurent proches des records de 2019, avec le secteur pétrolier en tête des rejets.
Une menace pour le climat
Le méthane, souvent inodore et invisible, s’échappe principalement des gazoducs, du bétail, et des décharges. Environ 580 millions de tonnes de méthane sont émises chaque année dans le monde, avec une majorité (60 %) attribuée à l’activité humaine, notamment l’agriculture et l’extraction d’énergies fossiles.
Son potentiel de réchauffement est bien plus élevé que celui du CO2. La réduction des émissions de méthane pourrait offrir d'importants bénéfices climatiquesà court terme, souligne l’AIE. Les fuites dans l’industrie pétrogazière, notamment à travers les équipements en panne ou lors des opérations de torchage, représentent une opportunité non exploitée de réduction des émissions. L’AIE estime qu'environ 30 % des émissions des combustibles fossiles pourraient être évitées sans coûts additionnels, tout en permettant à l’entreprise de revendre le gaz récupéré.
Avec des tensions géopolitiques croissantes, notamment la guerre au Moyen-Orient, la récupération de méthane pourrait rapidement renforcer l'approvisionnement énergétique, ajoutant jusqu'à 200 milliards de mètres cubes de gaz sur le marché, un double de ce qui transite chaque année par le détroit d'Ormuz. Cette opportunité souligne l'urgence d'agir pour traiter la crise des émissions de méthane de manière immédiate.







