Une accusation sévère à l'encontre de Gérald Darmanin. Selon l'Union syndicale des magistrats (USM), le ministre de la Justice a « perdu la confiance » des juges après avoir été accusé de les avoir « jetés en pâture » suite au meurtre de Lyhanna, une fillette de 11 ans, ce qui soulève de graves interrogations sur sa responsabilité politique.
« Votre conduite pourrait être perçue comme une tentative de vous protéger et d'éviter que votre responsabilité ne soit remise en question », a déclaré Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'USM. Cette critique a été formulée lors d'une réunion consacrée aux relations professionnelles dans les services du ministère de la Justice. Le garde des Sceaux n'était, cependant, pas présent.
« Votre responsabilité demeure »
« Vous dites qu'il n'y a pas de tabou sur la responsabilité des magistrats, mais celle du ministre est également engagée », a ajouté Martini, dont l'organisation a reçu près de 60% des voix lors des élections professionnelles récentes. Alors qu'une enquête administrative est en cours, Darmanin a déjà pris des sanctions contre une substitut de la procureure d'Auch suite à un pré-rapport évoquant des dysfonctionnements majeurs dans la gestion de Jérôme Barella, le présumé meurtrier de Lyhanna, signalé à la justice pour des abus répétés.
« Monsieur le ministre, nous avons compris qu'il y aura des boucs émissaires. S'il existe des fautes individuelles, elles doivent être sanctionnées, mais votre responsabilité reste entière et nous nous en souviendrons », a déclaré Martini avec fermeté.
Cynisme et démagogie
Le représentant syndical a condamné le « cynisme » et la « démagogie » du ministre, qui, selon lui, privilégie la « communication » en poussant les magistrats dans la ligne de mire de la colère populaire, une colère qu'il a lui-même exacerbée. En parallèle, diverses organisations prévoient une journée d'action en réponse aux lois sur les peines criminelles et aux insuffisances budgétaires impactant la justice. L'USM attire également l'attention sur la saturation des juridictions, pointant que Darmanin a envoyé 64 circulaires en 2025 et plus de 50 en 2026, soulignant que « quand tout est considéré comme prioritaire, rien ne l'est vraiment ».







