La situation sanitaire sur l’île est préoccupante alors que des cas autochtones émergent pour la deuxième année consécutive.
D'après un rapport de Santé publique France, publié le 26 juin 2026, Mayotte fait état d'une augmentation inquiétante des cas de paludisme, avec 244 contaminations confirmées depuis le début de l'année. Cette nouvelle vague survient alors que l'île était en phase d'élimination de la maladie depuis 2014.
Parmi ces nouveaux cas, 25 ont été contractés localement dans des communes comme Chirongui, Bandrélé et Dembéni. Cette situation est d'autant plus préoccupante qu'entre juillet 2020 et janvier 2025, aucune transmission locale n'avait été signalée, comme le rapporte Santé publique France. En outre, 161 cas sont liés à des infections importées, en majorité en provenance des Comores et de Madagascar, tandis que 12 cas restent indéterminés et 46 sont sous enquête. Notons également que 71 personnes ont été hospitalisées, dont quatre en réanimation, mais sans aucun décès à déplorer.
Limiter les risques de piqûre
Mayotte, considérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant en phase d'élimination du paludisme, semble connaître un retour en arrière inquiétant. Youssouf Hassani, délégué régional de Santé publique France et co-auteur du rapport, précise : "Nous ne parlons pas encore de reprise épidémique, mais la situation est préoccupante". Ce constat est partagé par les experts qui analysent que l'évolution du paludisme sur l'île dépend fortement des mesures locales pour contrôler les vecteurs et de la situation dans les pays voisins.
Depuis 2012, une stratégie renforcée de lutte antivectorielle est mise en œuvre, incluant la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action. Dans ce contexte, Santé publique France recommande l'utilisation de répulsifs, de moustiquaires imprégnées et de vêtements longs lors des soirées, période où le moustique anophèle, principal vecteur de la maladie, est le plus actif. Pour ceux qui envisagent de se rendre à Mayotte, le Haut Conseil de la santé publique n’a pas encore proposé de chimioprophylaxie contre le paludisme.







