Ce vendredi matin, l'autoroute A63 à Bayonne a été le théâtre d'une action inattendue, avec 60 tracteurs installés et 80 agriculteurs provoquant d'importants embouteillages. Ce mouvement est orchestré par les Ultras de l'A63, un collectif récemment constitué sans attache syndicale, en lien avec le groupe similaire des Ultras de l'A64.
Les Ultras de l'A63, formés en janvier 2026 après une opération précédente au pont Touya, ont manifestement minutieusement planifié cet événement pendant plusieurs mois. Didier Dolheguy, président de l'association, précise que ce groupe, bien qu'inhérent à une galaxie plus large de mouvements agricoles, est déterminé à défendre ses intérêts.
Des signes révèlent une préparation détaillée : le nombre considérable de tracteurs, la paille soigneusement rassemblée et même des provisions pour tenir dans la durée. La manifestation, qui a débuté à 2 heures du matin, n’a pas été déclarée auprès des autorités, ce qui a d’ailleurs surpris d’autres collectifs comme la Coordination rurale.
Les représentants de cette dernière, mobilisés quelques semaines plus tôt, expriment leur étonnement face à ce mouvement autogéré. Selon un membre de la Coordination, "ils ne nous ont pas appelés ni prévenus de leur action", soulignant un manque de coordination dans le milieu agricole local.
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a proposé un entretien avec les organisateurs, qui se montrent déterminés à maintenir la pression sur les autorités. "Nous avons des revendications claires : simplification administrative et retrait du traité du Mercosur, ainsi que des mesures rationnelles concernant l’abattage en cas de dermatose nodulaire", souligne Dolheguy.
Le débat sur les conditions de travail des agriculteurs se renforce, tandis que ce mouvement souligne la fracture entre les décisions politiques et les réalités du terrain. Des experts en sociologie rurale craignent que ces tensions ne se transforment en conflits plus larges si les revendications ne sont pas prises en compte.
Ainsi, ces agissements des Ultras de l'A63 envoient un message fort : les agriculteurs du Pays basque souhaitent être entendus et leurs préoccupations, qui touchent à leur survie, doivent être au cœur des discussions politiques.







