La Ligue des droits de l'Homme tire la sonnette d'alarme concernant la situation critique des sans-abri dans le sud-Manche. Ces derniers souffrent d'une pénurie désespérée de places d'hébergement, une situation qui s'est aggravée après la fermeture de plusieurs foyers au cours des dernières années. Les membres de l'association soulignent que ces fermetures n'ont pas été compensées, laissant de nombreux hommes dans le besoin.
Nicole Launey, porte-parole de l'antenne d'Avranches de la Ligue des droits de l'Homme, explique : "Avec la fermeture d'un foyer en octobre dernier, ce sont onze places qui ont disparu. Nous ne pouvons plus laisser ces hommes dans cette précarité." La préfecture, de son côté, indique que l'offre d'hébergement d'urgence dans le sud-Manche est désormais limitée à seulement treize places, dont trois exclusivement destinées aux hommes sans abri. Dix autres places sont réservées aux femmes, particulièrement celles victimes de violences conjugales.
La situation semble sans issue, et l'inquiétude grandit parmi les organisations locales. Des inquiétudes concernant une recrudescence des squats se font sentir. Plusieurs associations, dont Itinérance Sud-Manche et Emmaüs, se sont alliées au sein du collectif Sud Manche 115 pour interpeller les autorités. "Nous avons constaté une vingtaine d'hommes vivant dans des squats", souligne Nicole Launey. "Ce sont souvent des personnes en détresse qui nécessitent un soutien adapté."
Les services de l'État ont commencé à mobiliser des fonds pour des solutions d'hébergement temporaires, en dépit des difficultés rencontrées. La DDETS (Direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités) a signalé la fermeture d'une structure gérée par Emmaüs, ainsi que des tentatives d'hébergement dans des hôtels qui se sont soldées par des échecs. Les raisons en sont variées, mais incluent des "faits graves et répétés" associant des personnes hébergées.
Pour le futur, l'État se montre optimiste avec la promesse de nouvelles places dans les mois à venir, notamment la création d'un centre d'hébergement et de réinsertion sociale à Avranches, qui proposera quatre places. De plus, une maison-relais destinée à l'accueil de personnes isolées devrait ouvrir d'ici 2027, avec vingt logements à la clé.
Il reste néanmoins un sentiment de colère et d'urgence pour de nombreuses associations. La demande pour un retour à des solutions pérennes d'hébergement est pressante, car rien ne peut remplacer la dignité d'un toit. La Ligue des droits de l'Homme, ainsi que d'autres groupes, attendent des réponses concrètes de la part des décideurs pour assurer la sécurité et le bien-être des sans-abri du sud-Manche.







