La mise en application provisoire de l'accord Mercosur avec les pays sud-américains, annoncée le 27 février, a déclenché une vive réaction des agriculteurs en France. Au cœur du Salon de l'agriculture, nombreux étaient ceux à exprimer leur mécontentement face à cette décision.
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Dans les allées du Salon, les éleveurs n'ont pas caché leur colère, dénonçant une décision qu'ils jugent injuste et déloyale. François-Xavier Hupin, secrétaire général adjoint des Jeunes agriculteurs, a déclaré : "Annoncer l'arrivée de viande du Mercosur représente un mépris vis-à-vis du monde agricole".
Bien que les députés européens aient exprimé leurs réserves quant à cet accord, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a choisi d'aller de l'avant, imposant ainsi la mise en œuvre de l'accord sans tenir compte des préoccupations agricoles.
Protestation au Salon de l'agriculture
Les éleveurs ont manifesté leur mécontentement directement au stand de l'Union européenne, de peur de l'afflux de produits importés à bas coût qui pourraient menacer leurs propres productions. Yohann Barbe, président de la Fédération nationale des producteurs de lait, a souligné : "La viande du Brésil va entrer en concurrence avec la nôtre, ce qui représente une concurrence déloyale". Il insiste sur la nécessité d'écouter les eurodéputés et de prendre en compte les besoins de l'agriculture européenne.
De son côté, Emmanuel Macron a exprimé son désaccord et a affirmé sa volonté de garantir des échanges agricoles équitables. Toutefois, cette annonce n'a pas suffi à rassurer les jeunes agriculteurs qui craignent un système de compétition inéquitable. Damien Cazaux, un éleveur ovin, a noté que les importations de produits à bas prix compliqueront la production locale pour satisfaire une clientèle avide de bonnes affaires. En revanche, des pays comme l'Allemagne et l'Espagne ont accueilli favorablement la décision de Bruxelles.







