La revue Prescrire met les autorités sanitaires en garde concernant le Nicorandil, un traitement contre l'angor, encore largement utilisé en France. Ce médicament, malgré ses bénéfices potentiels, présente des effets indésirables graves pouvant mener à des situations fatales.
Dans une lettre adressée récemment à l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et à la Haute Autorité de santé (HAS), Prescrire a demandé des mesures urgentes pour protéger les patients face aux dangers associés au Nicorandil, un traitement d'angor, en rapport avec Actu.fr.
C’est quoi le problème avec le Nicorandil ?
Utilisé principalement en dernier recours pour les patients souffrant d’angor, le Nicorandil est un vasodilatateur critiqué pour des effets indésirables sévères, déjà connus depuis la fin des années 1990. Parmi ces effets, des “ulcérations chroniques douloureuses affectant la peau, les muqueuses buccales, intestinales, anales, vaginales et, plus rarement, la cornée”.
Une étude réalisée par divers centres de pharmacovigilance en France a dévoilé au moins 62 cas d'effets secondaires graves signalés entre 2017 et 2024. Ce chiffre est probablement sous-évalué, plusieurs incidents n'ayant pas été signalés. Ces lésions ont tendance à évoluer sur plusieurs mois, notamment lorsque le lien avec le Nicorandil n’est pas préalablement identifié.
Les conséquences peuvent être dramatiques : douleurs persistantes, troubles alimentaires, perte de poids, hémorragies, abcès et même fistules. Comme le souligne Prescrire, “des patients sont morts d’une perforation d’organe”. La revue estime depuis 2011 que les dangers de ce médicament l'emportent sur ses bénéfices.
Des alertes répétées mais un médicament toujours largement prescrit
En dépit de plusieurs mises en garde de l’ANSM, y compris une récente fin 2025, la prescription continue d'augmenter. Prescrire signale que ces alertes ne protègent pas suffisamment les patients. De plus, l'efficacité du Nicorandil dans la prévention de l’angor d’effort est mise en question alors que des alternatives telles que les dérivés nitrés sont disponibles. En 2024, environ 71 000 patients ont encore reçu ce traitement en France, avec près d'un million de boîtes remboursées.
Prescrire appelle donc à un retrait strict du Nicorandil des traitements médicaux, soutenant que les risques encourus par les patients constituent une “perte de chance”. Elle exhorte les autorités de santé à agir “rapidement et efficacement” pour prévenir d'autres incidents tragiques.







