La iatrogénie médicamenteuse fait référence aux effets négatifs des médicaments pouvant gravement affecter la santé, entraînant parfois hospitalisations et décès. Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables, surtout lorsqu'elles prennent plusieurs médicaments simultanément, augmentant ainsi le risque d'interactions dangereuses. La perte d'autonomie et l'isolement social exacerbent également ce risque.
Qu'est-ce que la iatrogénie médicamenteuse ?
Définie par le ministère de la Santé, la iatrogénie englobe les "conséquences néfastes pour la santé, potentielles ou avérées, résultant de l’intervention médicale ou de l’utilisation d’un produit de santé". Cela inclut les effets indésirables liés à la prise de médicaments, qu'il s'agisse d'un ou plusieurs traitements.
Tout médicament est constitué de principes actifs et d'excipients, comme l’amidon ou la gélatine, qui peuvent induire des effets indésirables variés, allant de la fatigue à des complications plus graves, telles que des hémorragies digestives ou des fractures.
La iatrogénie peut découler de divers facteurs, y compris l'utilisation de médicaments inappropriés ou administrés de manière incorrecte (surdosage, erreurs de prise, etc.).
Seniors et risque accru de iatrogénie médicamenteuse
Alors que tout le monde peut être affecté, les seniors constituent le groupe le plus à risque. Deux raisons principales expliquent cette vulnérabilité :
- Diminution des fonctions organiques : Avec l'âge, l'organisme perd sa capacité à éliminer efficacement les médicaments, notamment en raison de la réduction de l'efficacité des reins et du foie. Cela peut accroître les effets indésirables des traitements.
- Polymédication fréquente : Les seniors sont souvent soumis à la polymédication, qui implique la prise régulière de divers traitements, multipliant ainsi les risques d'interactions. On estime qu'environ 50 % des personnes de plus de 75 ans sont en situation de polymédication.
En outre, des changements physiologiques liés à l'âge, comme la réduction des capacités cognitives et physiques, augmentent ce risque, tout comme l'isolement social qui peut engendrer une négligence des prescriptions médicales.
Prévention de la iatrogénie médicamenteuse chez les seniors
Face à l'augmentation des risques de iatrogénie, notamment chez les individus de plus de 65 ans, l'Assurance maladie a initié des actions de prévention. Chaque année, on déplore environ 7 500 décès et de nombreuses hospitalisations attribuées à ces effets indésirables évitables.
Les seniors ne sont pas les seuls concernés par cette prévention ; les professionnels de santé doivent également s'assurer que leurs prescriptions soient adaptées à l'état de santé et aux besoins individuels de leurs patients.
Éviter l'automédication
Prendre des médicaments sans prescription (automédication) peut entraîner des risques, notamment pour les seniors, dont la gestion des traitements est déjà complexe. Il est donc crucial de consulter un médecin avant d'engager un nouveau traitement pour minimiser les risques de complications.
Faire régulièrement le point sur ses traitements
Consulter régulièrement son médecin est essentiel. Cela permet d'évaluer l'adéquation des médicaments actuels et d'examiner les effets indésirables éventuels. L’ajout d’un nouveau traitement doit toujours être soumis à l’avis d’un professionnel de santé.
Reconnaître les signes de la iatrogénie médicamenteuse
Il est impératif de savoir identifier les symptômes de la iatrogénie, comme la perte d'appétit, la fièvre, les vertiges, ou des troubles digestifs. Ces signaux doivent alerter le patient et l'inciter à consulter rapidement son médecin ou son pharmacien.







