DÉCRYPTAGE - Le gluten, présent dans certaines céréales, et le lactose, un sucre des produits laitiers, peuvent occasionner des troubles digestifs notables chez certains. Deux médecins apportent leurs éclairages avant d'envisager une exclusion alimentaire.
Pour nombre d'entre nous, savourer des pâtes, du pain ou une glace est un régal. Pourtant, chez d'autres, ces plaisirs se transforment en inconfort digestif, voire en douleurs intenses. Les causes ? Le gluten et le lactose, que certains tolèrent mal. Comment savoir si la suppression de ces aliments est une solution adéquate ? Quels symptômes doivent nous alerter ?
Les symptômes
Tout d'abord, il faut être attentif à son confort digestif. En effet, les intolérances au lactose et au gluten se manifestent par des symptômes similaires : selles molles, ballonnements, gaz, crampes intestinales et douleurs puissent apparaître quelques heures après ingestion. Le Pr Stéphane Schneider, gastro-entérologue, souligne que la baisse de lactase, enzyme nécessaire à la digestion du lactose, avec l'âge en est souvent responsable. À la naissance, nous tolérons ce sucre, mais moins devenus adultes. Non digéré, il fermente dans le côlon, tout comme le gluten.
D'autre part, la gastro-entérologue Martine Cotinat, auteure du Guide Terre Vivante de la santé du ventre, rappelle que les constats ne suffisent pas à justifier une exclusion alimentaire. Les symptômes peuvent correspondre à d'autres pathologies. Il est donc essentiel d'évaluer leur apparition par rapport à la consommation de ces aliments. «Observe-t-on une amélioration lorsque l'on arrête le gluten ou le lactose ?» conseille-t-elle. Elle avertit également qu'on peut confondre une intolérance au lactose avec une sensibilité aux protéines de lait, telles que la caséine. De même, le blé moderne étant très différent de ses ancêtres, la sensibilité peut s'adresser à celui-ci plutôt qu'au gluten.
Le lactose est le seul sucre que l'on peut absorber à la naissance mais moins à l'âge adulte.
Pour faire le point, le gluten et le lactose doivent être temporairement exclus pour évaluer les symptômes. Par la suite, une réintroduction graduelle de céréales ancestrales (comme le petit épeautre et le kamut) et de produits laitiers pauvres en lactose (comme les yaourts et fromages de chèvre ou brebis) est conseillée. Plus la pâte est dure, moins le fromage contient de lactose.
Un régime d'exclusion
Pour diagnostiquer une intolérance au gluten, un dosage des anticorps est requis, effectué par le médecin. Il est crucial de faire ce test avant toute exclusion du gluten pour éviter des résultats faussés. En cas de maladie cœliaque, il faut arrêter totalement le gluten, tandis qu’une hypersensibilité demande simplement de réduire sa consommation.
L'intolérance au lactose se teste par un test respiratoire, pertinent uniquement si des symptômes sont présents. Si vous débutez un régime d'exclusion, être suivi par un diététicien est fondamental. Les intolérants au gluten peuvent remplacer les féculents par du riz, quinoa ou diverses légumineuses. Les intolérants au lactose peuvent se tourner vers des alternatives végétales, comme le lait de soja ou de coco, ainsi que vers des fromages plus digestes.
On remplace les féculents contenant du gluten par du riz, quinoa, patates douces et légumineuses.
En cas de maladie cœliaque, il est recommandé d’éviter les boulangeries traditionnelles pour prévenir toute contamination au gluten. Des boulangeries spécialisées «sans gluten» sont à privilégier. Pour les personnes sensibles au gluten, le pain de petit épeautre est une option acceptable.







