Cheffe étoilée, jury de l'émission «Top Chef», et mère de deux petites filles, Hélène Darroze jongle avec brio entre ses multiples rôles tout en prônant l'indépendance.
Rencontrer Hélène Darroze dans son restaurant doublement étoilé Marsan, à Paris, est une expérience captivante. Vêtue d'une chemise blanche ample et les cheveux relevés en chignon, elle arrive avec son compagnon à quatre pattes, s'excusant pour un léger retard avant de saluer son équipe chaleureusement.
Avec Marsan et Hélène Darroze at The Connaught, prestigieux restaurant triplement étoilé à Londres, elle n'est que l'une des deux femmes multi-étoilées en France. Certes déterminée, Hélène est aussi connue pour sa générosité et sa sensibilité, surtout grâce à son rôle en tant que jury dans "Top Chef" depuis 2015. Maman adoptive de Charlotte et Quitterie, elle étoffe son parcours déjà exceptionnel en s'affirmant comme une voix pour l'indépendance des femmes.
Une approche féminine de la cuisine
Vous affirmez qu'il existe une sensibilité féminine dans la cuisine. Que voulez-vous dire par là ?
Pour moi, la cuisine vient de l'intérieur. Elle est empreinte d'émotions et de sentiments. Bien que les sensibilités puissent varier d'une personne à l'autre, je pense que les femmes ont tendance à cuisiner pour partager une part de soi, alors que les hommes jouent souvent plus sur les techniques.
Inspirez sans porter les drapeaux
Vous êtes perçue comme un modèle pour de nombreuses femmes. Que répondez-vous à cela ?
Je suis touchée que certaines femmes ressentent cela. Elles peuvent même pleurer de joie à mon arrivée dans le restaurant. Cependant, je ne travaille pas pour être un symbole ; ma passion pour la cuisine est ce qui me motive.
Quant à votre engagement envers la cause féminine ?
J'essaie d'agir à ma manière, notamment comme marraine de l'ONG Afghanistan Libre. Je crois en l'importance de l'éducation pour les filles, mais je ne me considère pas comme une militante. Je souhaite rester fidèle à moi-même, sans porter un rôle qui ne me correspond pas.
La dualité entre carrière et maternité
Comment jonglez-vous entre votre carrière de cheffe renommée et votre rôle de mère ?
Ma flexibilité est clé. J'ai organisé ma vie pour avoir mes deux restaurants à proximité de ma maison, me permettant de répondre rapidement aux besoins de mes filles. Bien sûr, l'aide de nounous a été essentielle, surtout après l'adoption de Charlotte et Quitterie.
Pensez-vous que les femmes doivent faire des choix difficiles dans ce milieu ?
Absolument. La carrière dans la gastronomie demande des sacrifices, et certaines femmes ne veulent pas assumer certains rôles parentaux par choix. Je les comprends, car la clé réside dans la volonté de trouver un équilibre.
Mais vous semblez gérer cela avec une certaine légèreté ?
En effet, j'ai la chance d'être ma propre patronne. Cela me permet de prioriser ma vie familiale tout en poursuivant mes passions, et mes filles trouvent même du plaisir à me suivre dans mes aventures professionnelles.







