Sans être un expert en naturopathie, beaucoup d'entre nous ont des méthodes pour atténuer des maux courants grâce aux huiles essentielles. Ces élixirs sont également utilisés pour des soins de bien-être, de beauté, pour l'hygiène domestique ou encore pour ajouter une touche parfumée à nos plats. Toutefois, ces produits puissants nécessitent une utilisation prudente, car leurs composants chimiques peuvent être toxiques s'ils ne sont pas correctement dosés.
Composition des huiles essentielles
Une huile essentielle (HE) est une concentration de molécules aromatiques extraite d'une plante ou d'un arbre, obtenue par divers procédés :
- Distillation à la vapeur d'eau : méthode traditionnelle où la vapeur entraîne les molécules aromatiques, qui sont ensuite séparées de l'eau, générant un hydrolat. Le rendement varie selon la plante, influençant ainsi le prix de l'huile.
- Expression à froid : utilisée uniquement pour les agrumes, où les zestes sont pressés pour libérer les essences, semblable à l'arôme qui s'échappe en épluchant une orange.
- Extraction par solvant : un mélange d'éthanol et de plantes permet d'absorber les substances aromatiques; le solvant est ensuite éliminé.
- Extraction par dioxyde de carbone supercritique : utilise un CO2 à haute pression et température, offrant un processus naturel sans produits toxiques.
Une fois extrait, qu'est-ce qui rend chaque huile essentielle capable de soulager des douleurs articulaires ou d'atténuer un rhume ?
La chimie des huiles essentielles
Il est crucial de mentionner le chémotype (CT), qui désigne la composition biochimique spécifique de chaque huile essentielle, souvent déterminée par la molécule aromatique dominante. Cette dernière peut varier selon le terroir ou les conditions climatiques, impactant ainsi les propriétés thérapeutiques de l'huile. Les huiles de romarin, de thym et de lavandin sont de bons exemples de cette variabilité chimique. Voici quelques composés majeurs à connaître :
- Composés terpéniques : courants et peu toxiques, ils comprennent des monoterpènes et des sesquiterpènes, aux propriétés antiseptiques, anti-inflammatoires et analgésiques.
- Cétones : ces molécules, bien que puissantes, peuvent être toxiques, particulièrement par voie interne. Utilisées à faible dose, elles sont souvent présentes dans des huiles comme l'eucalyptus ou la lavande aspic.
- Phénols : alcools puissants et efficaces contre les bactéries et champignons, leur usage doit être limité en raison de leur potentiel irritant pour la peau et toxique pour le foie.
- Coumarines : présentes surtout dans les agrumes, leurs effets sont calmants mais peuvent être photosensibilisants, entraînant des risques de brûlures cutanées.
Conseils pour acheter des huiles essentielles
La lecture attentive des étiquettes des flacons d'huiles essentielles est primordiale. Voici les éléments à vérifier :
- nom commun et scientifique de la plante ;
- chémotype, si applicable ;
- parties de la plante utilisées ;
- certification bio, si disponible ;
- origine des plantes, favorisant une démarche écoresponsable ;
- date de péremption, généralement de 2 ans pour les agrumes et 5 ans pour d'autres huiles.
Les huiles essentielles doivent être conservées dans des flacons hermétiques, à l'abri de la lumière, de la chaleur et de l'humidité, afin de prolonger leur efficacité. Bien qu'elles ne rancissent pas, une oxydation peut se produire.







