Le projet de réforme vise à favoriser les assurés ayant des carrières complètes avec des revenus limités. Cependant, les bénéfices sont variés selon les situations.
Le gouvernement affirme que, malgré le relèvement de l'âge légal de départ à 64 ans, les pensions devraient augmenter, notamment pour les retraités les plus modestes. Analysons les implications de cette réforme.
Une meilleure pension pour 12 % des retraités
Les retraités ayant cotisé pendant toute leur carrière verront leur pension élevée à 85% du smic net, soit environ 1150 € brut par mois. Aujourd'hui, parmi les 15,5 millions de retraités, environ un tiers, soit 5 millions de personnes, perçoivent une retraite inférieure à 1000 €. Cependant, seules les personnes avec une carrière complète bénéficieront de cette revalorisation. Cela représente environ 1,8 million de personnes, soit 12 % des retraités. En ce qui concerne les nouveaux entrants à la retraite, seulement autour de 77 000 d'entre eux devraient profiter de cette mesure d'ici peu. Ce dispositif viendra compléter d'autres mécanismes conçus pour soutenir les retraites modestes, comme le minimum contributif et l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).
Des perspectives plus incertaines pour d'autres futurs retraités
Les personnes contraintes de travailler deux années supplémentaires pour prendre leur retraite verront une augmentation mécanique de leur pension, puisqu'un travail prolongé signifie des cotisations plus élevées. Cela est vrai pour tous les régimes à points, y compris les retraites complémentaires de l'Agirc-Arrco. Cependant, il est important de noter que pour la retraite de base, deux années de travail supplémentaires peuvent ne pas se traduire par une augmentation proportionnelle de la pension, qui est calculée sur la base des 25 meilleures années de rémunération, comme l’indique Valérie Batigne, experte en conseil retraite.
Il est également à noter que ceux confrontés au chômage en fin de carrière continueront de valider des points à l'Agirc-Arrco et des trimestres dans le régime général. Ce mécanisme pourrait engendrer des coûts significatifs pour l’assurance chômage, notamment lorsque les allocations sont prolongées jusqu'à ce que le taux plein soit atteint. L'experte avertit que les négociations à venir seront cruciales pour définir le maintien des droits au chômage jusqu'à l'âge de la retraite. Risque : certaines personnes pourraient finir leur parcours professionnel au RSA, en attendant d'atteindre l'âge requis pour demander leur pension.







