La brasserie Parallèle, établie à Floirac en Gironde, tire profit de la baisse de consommation d'alcool en France. Son offre se concentre sur le kéfir et les bières sans alcool, qui connaissent un véritable engouement.
Lors d'une soirée, Jean, 25 ans, savoure tranquillement son diabolo au milieu de ses amis qui, eux, ont commandé des bières et des cocktails. "Je n'aime pas l'alcool, sauf le champagne," confie-t-il sans aucune prétention. Selon lui, l'alcool est synonyme de problèmes, et il a décidé de s'en tenir à des alternatives non alcoolisées tout en profitant de moments festifs. Une idée que partage de plus en plus de jeunes, affirmant que la convivialité ne dépend pas de l'alcool.
Laurent Drège, co-fondateur de la brasserie Parallèle, souligne une transformation des mentalités : "Les jeunes générations sont capables de passer du traditionnel à des boissons sans alcool. La demande est palpable, notamment pour les produits variés et attractifs."
"La consommation d'alcool a été divisée par deux depuis 1960. Cependant, près de la moitié des Français juge que l'offre de boissons sans alcool est insuffisante," ajoutent-ils.
Le duo derrière Parallèle a une vision claire : offrir une alternative goûteuse et festive. Ils ont vu un potentiel dans le kéfir, une boisson traditionnelle, autrefois populaire, mais tombée en désuétude face à l'essor des sodas dans les années 1950. Guillaume Soares, ancien ingénieur reconverti en brasseur, a vu le jour de cette idée au sein de la brasserie Azimut à Bordeaux, tandis que Laurent a fait ses armes dans le secteur des spiritueux avant de se recentrer sur le sans-alcool. L'association de leurs compétences a donné naissance à une gamme variée de boissons.
Le kéfir, à base de cristaux fermentés, est particulièrement apprécié. L'exception pour les boissons fermentées réside dans la tradition de transmission des grains de kéfir, qui ne peuvent être reproduits en laboratoire. Que ce soit en Bretagne ou au-delà, les histoires entourant ces grains ajoutent une touche de magie à la consommation.
Dans cette dynamique de renouveau, le succès des bières sans alcool, notamment celles de Parallèle, est évident. L'établissement a réussi à convaincre de nombreux consommateurs, témoignant d'une volonté croissante de privilégier la qualité et le bio. Les ventes ont décollé dans divers points de vente bio, à tel point que, dans certains cas, elles surpassent même celles des bières alcoolisées. "Les consommateurs cherchent à retrouver le goût de la bière sans ses inconvénients," observe Drège, ajoutant que certaines personnes sont en quête de repères.
Pour l'instant, la brasserie sous-traite la production de ses bières, mais un projet d'internalisation est en cours. "Nous prévoyons de réaliser cette transition d'ici 2028 en restant ancrés près de Bordeaux, en fonction de l'évolution du marché du sans alcool," conclut-il.







