Alexandre Chapy, diététicien nutritionniste et psychologue clinicien, partage son point de vue sur le régime «paléo-vegan» et analyse les discours nutritionnels de plus en plus polarisés.
Les risques des régimes restrictifs
Que pensez-vous du régime «Paléo-vegan» ?
Alexandre Chapy. Chacun des deux régimes implique des risques significatifs de carences nutritionnelles. Pour qu'un régime soit durable, il doit être varié et inclusif, à l'instar de la diète méditerranéenne, qui s'avère mieux adaptée à notre culture.
Le besoin de structure alimentaire
À quoi répond le besoin contemporain de se glisser dans un carcan alimentaire ?
Selon le sociologue Claude Fischler, la transition du monde occidental vers un modèle de surabondance alimentaire a généré une peur de la surconsommation et des intoxications. Cette évolution favorise une quête de solutions simplistes, souvent en réponse à une aspiration à revenir à des sources alimentaires plus naturelles. Les discours nutritionnels rigides coïncident avec une recherche de stabilité face à des bouleversements politiques depuis les années 80. Nos choix alimentaires deviennent une manière de définir notre identité personnelle et de préserver notre santé ou notre environnement.
Prendre une décision alimentaire peut permettre de se donner une identité, de protéger sa santé ou la planète.
Les limites à ne pas franchir
Touchons-nous aux limites des régimes ?
Une personne équilibrée qui choisit de suivre un régime, même peu judicieux, exerce son droit à la liberté, sauf si ce régime restreint sa flexibilité ou répond à un mal-être. Lorsqu'un individu cherche à apaiser une souffrance intérieure à travers l’alimentation, la pratique devient problématique.







