Instauré par la loi PACTE, le Plan Épargne Retraite (PER) est désormais le produit de référence pour se constituer un complément de revenu à la retraite. Accessible à tous, il remplace progressivement les anciens dispositifs (PERP, Madelin, PERCO, article 83) et se décline en plusieurs formules adaptées aux profils et aux objectifs.
Qu'est-ce que le PER et quelles sont ses formes ?
Le PER vise à favoriser l'épargne long terme en offrant des avantages fiscaux lors des versements et différentes options de sortie (capital ou rente). Il existe trois familles principales :
- Le PER individuel, ouvert à toute personne souhaitant épargner de manière autonome ;
- Le PER d'entreprise collectif, destiné à regrouper les dispositifs d'épargne salariale ;
- Le PER d'entreprise obligatoire, mis en place par l'employeur pour une catégorie de salariés.
Selon l'offre, le PER peut être administré comme un contrat d'assurance ou sous la forme d'un compte-titres d'investissement. Il n'impose pas de condition d'âge ni de statut professionnel pour être souscrit.
Cinq erreurs fréquentes à ne pas commettre
- Attendre le dernier moment pour ouvrir son PER.
La fiscalité attractive du PER pousse certains à attendre la fin de l'exercice pour pouvoir déduire leurs versements, mais l'ouverture et la mise en place des contrats prennent plusieurs jours, voire semaines. Souscrire précipitamment fin décembre peut vous priver du bénéfice fiscal pour l'année en cours. Anticipez les délais et renseignez-vous sur les dates limites.
- Souscrire alors que l'on est peu ou pas imposé.
Le principal intérêt du PER réside dans la déductibilité des versements du revenu imposable. Si vous êtes non imposable ou faiblement imposé, l'avantage fiscal est négligeable et le produit perd une grande partie de son attractivité. Mesurez votre situation fiscale actuelle et future avant de privilégier le PER. Le choix de déduire ou non les versements aura aussi des conséquences fiscales au moment de la sortie.
- Placer l'intégralité de son épargne sur le PER.
Les fonds logés sur un PER sont en principe bloqués jusqu'à la retraite, sauf cas exceptionnels (invalidité, décès du conjoint, cessation prolongée d'activité, surendettement, achat de la résidence principale, etc.). Il est donc indispensable de conserver une trésorerie disponible et des enveloppes d'épargne liquides (livret A, assurance-vie, compte épargne) pour faire face aux imprévus et aux projets de la vie courante.
- Minimiser l'impact des frais.
Les frais appliqués au PER — frais d'entrée, frais sur versement, frais de gestion et frais d'arbitrage — peuvent grignoter significativement le rendement sur le long terme. Avant de signer, vérifiez le barème : frais d'adhésion, pourcentage prélevé sur chaque versement, commissions annuelles et coûts liés aux arbitrages. Sur plusieurs années, des pourcentages apparemment faibles deviennent substantiels et affectent votre capital final.
- Ignorer les modes de gestion disponibles.
La gestion pilotée, proposée par défaut par de nombreux contrats, automatise la transition d'actifs risqués vers une allocation plus prudente à l'approche de la retraite. À l'inverse, la gestion sous mandat ou la gestion libre permettent un pilotage plus personnalisé, mais exigent de la compétence ou du conseil. Pensez aussi aux versements programmés : lisser vos apports réduit le risque de temporalité et stabilise le coût d'acquisition des actifs.
Choisir son PER et agir en connaissance de cause
Comparer les offres reste essentiel : attention aux supports proposés (fonds en euros vs unités de compte), à la qualité du conseil et à la transparence des coûts. Avant de vous engager, simulez l'impact fiscal, évaluez vos besoins de liquidité et définissez une stratégie d'investissement cohérente avec votre horizon de retraite.
En respectant ces principes, le PER peut devenir un outil puissant pour compléter vos revenus futurs. Mais comme tout placement à long terme, il demande anticipation, vigilance sur les frais et une stratégie adaptée à votre profil.







