Depuis plusieurs mois, les yeux de l'administration Trump et des soutiens MAGA se tournent vers l'alberta, province clé pour ses ressources pétrolières, représentant près de 90 % de la production canadienne. En janvier dernier, à Davos, l'administration a qualifié l'alberta de "partenaire naturel" des États-Unis. Cette déclaration a suscité des réactions alarmées côté canadien, laissant entendre que l'alberta pourrait être considérée comme un acteur autonome sur la scène internationale.
Cet intérêt croissant de Washington pour l'alberta coïncide avec le mouvement séparatiste local. Bien que traditionnellement minoritaire, ce sentiment s'exacerbe, alimenté par une frustration envers le gouvernement fédéral. "Il y a une véritable aspiration à plus d'autonomie", relève Christine O'Brien, politologue à l'Université de Calgary.
des influenceurs mobilisés
Récemment, le mouvement séparatiste a bénéficié d'un regain d'intérêt, notamment grâce à plusieurs influenceurs américains. Jack Posobiec, figure montante du nationalisme chrétien, a lancé une pétition pour un référendum d'indépendance, avec près de 180 000 signatures recueillies jusqu'à présent.
Dans le même temps, les relations entre Alberta et les cercles proches de Trump se renforcent. La Première ministre Danielle Smith a été reçue à Mar-a-Lago, tandis que des figures comme Cameron Davies, chef du Parti républicain d'alberta et défenseur de l'indépendance, multiplient les rencontres avec des conservateurs américains tels que Tucker Carlson.
fuites de données électorales
Une autre dimension de cette situation est la fuite d'une base de données électorales associée au "Centurion Project", mettant en lumière des informations personnelles de près de 2,9 millions d'électeurs. Bien que retirée après une décision de justice, cette fuite soulève des questions cruciales concernant la protection des données personnelles, jugées comme l'une des plus importantes au Canada selon certains experts.
Développé avec des outils inspirés d'applications américaines, le système vise à cartographier les électeurs pour mobiliser des campagnes en faveur de l'indépendance de l'alberta, s'inscrivant dans une logique de micro-ciblage politique. Le National Observer a rapporté que des similaires outils avaient été utilisés avec succès lors des récentes élections américaines.
Alors que les tensions montent, un référendum sur l'avenir de l'alberta dans la fédération pourrait être anticipé cet automne, plaçant cette province au cœur d'un débat plus large sur l'influence américaine et les aspirations séparatistes.







